Co-leader (EELV) de la liste Blois en commun qui a fusionné avec celle de Marc Gricourt entre les deux tours, Nicolas Orgelet revient sur l’élection et son projet d’action pour la ville et l’agglomération. L’un des grands gagnants politiques du scrutin blésois apportera un souffle nouveau à la gouvernance.
À la tête d’un collectif pendant la campagne des municipales, Nicolas Orgelet a vécu « une expérience humaine passionnante ». Crédit JL Vezon.
Marc Gricourt vous doit-il sa réélection ?
Non, ce serait prétentieux. C’est un choix de raison que de savoir s’unir. J’ai d’ailleurs toujours dit qu’au premier tour on choisit, puis au second on s’unit. Ce pragmatisme repose surtout sur une union des programmes à la différence d’autres rassemblements de la gauche. Je tiens d’abord à remercier celles et ceux qui ont fait confiance à notre collectif d’écologistes et d’habitants. Nous portons ensemble un projet pour la ville et une manière différente de faire de la politique. Grâce à eux, les visages et les idées se renouvellent. Le conseil municipal le sera à 60 %.
Quel est votre état d’esprit au moment de débuter ce mandat ?
Avec mes onze collègues élus, choisis en plénière entre les deux tours, nous souhaitons être à la hauteur des attentes. Nous avons aussi réparti les responsabilités au sein du groupe. Il y aura 4 adjoints, 3 conseillers délégués et nous aurons 3 vice-présidences à l’agglomération. Cela représente un tiers des élus de la majorité. Ces délégations (1) seront structurantes et diversifiées. Pour ma part, je serai 1er adjoint. Nous allons travailler pour tous les Blésois sur le temps long en portant des projets pour une écologie de proximité mais aussi pour retisser du lien social. Il en ira de même à l’agglomération et au Pays des Châteaux où nous agirons dans l’intérêt du territoire en coopérant.
Quelles seront vos trois mesures prioritaires ?
En premier lieu, nous mettrons en œuvre notre plan d’action pour le centre-ville afin de lui redonner de l’attractivité ; cela passe par des actions sur le logement, les transports et les espaces publics. En second lieu, nous déciderons avec l’ensemble des habitants d’un certain nombre de projets via des conventions citoyennes. Cela concerne par exemple le commerce, la santé ou la sécurité. Il faut croiser les regards avec la société civile (syndicats, consulaires, associations…) et les habitants. Comme élu·e·s, nous ne voulons plus décider seul·e·s. Enfin, le quotidien des Blésois sera prioritaire avec moins de grands projets mais plus de végétalisation, de rénovation de bâtiments (en particulier les écoles), de travaux de voirie ou de pistes cyclables par exemple.
Carré Saint-Vincent, sécurité, feu d’artifice et patinoire, des désaccords subsistent…
Nous avançons pour les surmonter. Sur le carré Saint-Vincent pour lequel nous avions prévu un référendum, le projet évoluera pour renforcer son lien avec le centre-ville et accueillir des agriculteurs bio locaux. Sur la sécurité, il y aura 6 nouveaux agents de police municipale mais aussi la création d’une brigade verte et moins de caméras. Nous souhaitons surtout revaloriser leur rémunération dans le cadre du RIFSEEP (2). Cette profession est en tension et manque d’attractivité (3). Concernant la patinoire, il n’est pas cohérent de la maintenir l’hiver alors que les températures sont élevées ; le feu d’artifice du 14 juillet, tiré depuis les bords de Loire, menace, pour sa part, les sternes qui fréquentent les îles (4). Il faut le déplacer ou faire autre chose. Il faut bien entendu conserver ces événements populaires.
Soutiendrez-vous Christophe Degruelle pour un 4e mandat à la tête d’Agglopolys malgré les interrogations suscitées ?
Oui, c’est acté dans l’accord de gouvernance signé entre les deux tours par les membres des deux listes. Les signataires ont signé un engagement de probité par lequel nous nous engageons à démissionner en cas de mise en examen. Concernant l’affaire Lang – Epstein à laquelle vous faites référence, laissons la justice faire son travail. La présomption d’innocence s’applique. Dans la future gouvernance pour laquelle 6 postes sont acquis à la ville centre-centre, notre groupe aura trois élus comme celui de Marc Gricourt. C’est un rééquilibrage. Avec M. Degruelle, notre volonté est de travailler dans le consensus pour construire « une métropole jardin » reconnue pour sa qualité de vie et son attractivité en termes de développement économique ou touristique. Nous veillerons à l’appui aux communes mais aussi à prendre soin de notre environnement notamment de la ressource en eau.
Quelle est votre position sur l’avenir de l’association ADA Omniports dont la disparition menacerait la pratique sportive de 800 licencié·e·s et priverait de sport 1 400 élèves de l’enseignement privé sous contrat avec l’État ?
L’ADA Omnisports joue un vrai rôle dans la pratique sportive familiale et santé. C’est un fait. La collectivité, qui n’est en rien responsable de l’endettement de l’association, peut accompagner mais ne pourra tout faire et régler seule cette situation. On sait aussi que le site nécessite des travaux de rénovation. Aurons-nous les moyens financiers ? Notre séminaire sur les perspectives financières du mandat fera le point sur le champ des possibles. À ce stade, je ne peux en dire plus. Mais chacun des partenaires, dont l’enseignement privé qui utilise la structure, devra sans doute co-investir dans le futur projet.
Benjamin Vételé pourrait succéder à Marc Gricourt en cours de mandat, quelle serait votre position ?
Si cela était le cas, des discussions préalables seraient nécessaires pour continuer à travailler ensemble et maintenir les équilibres politiques internes.
Au plan national, EELV est en retrait. Quelle est votre explication ?
Les trois villes les plus peuplées, Paris, Lyon et Marseille, restent à gauche et je m’en réjouis. Notre résultat est certes en demi-teinte (perte de Poitiers, Bordeaux ou Annecy par exemple) mais dans la région nous gardons Tours. Je crois que l’écologie a disparu du débat public alors qu’elle est une composante essentielle de notre souveraineté énergétique ou alimentaire. Pour combattre la montée de l’extrême droite, nous devons plus que jamais construire une écologie qui soit sociale et économique. C’est l’absence d’écologie qui est punitive pour notre pays.
(1) Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi 28 mars 2026 à 10h, à l’Hôtel de Ville.
(2) Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l’Expertise et de l’Engagement Professionnel.
(3) Il manque 10 000 agents de police municipale en France. 4 postes sont vacants à Blois.
(4) Elles constituent un site de nidification rare en Europe.
Le travail de fond de la liste Blois en commun conduite par Claire Mollière et Nicolas Orgelet a permis la réélection de Marc Gricourt pour un 4e mandat. Crédit Benjamin Dupuis photographe.
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