La deuxième édition du Carrefour des métiers et des formations pour les jeunes en situation de handicap a connu un beau succès le 2 avril dernier au Carroir à la Chaussée-Saint-Victor. De plus en plus de portes s’ouvrent pour ces jeunes… même si les familles restent confrontées à des difficultés d’orientation.
Le Carrefour des métiers et des formations pour les jeunes en situation de handicap a fait le plein de jeunes en quête d’un avenir professionnel. Crédit photo Jean-Luc Vezon.
L’insertion des jeunes en situation de handicap reste un combat permanent pour les familles souvent démunies dans leurs choix d’orientation, bien que de moins en moins isolées. Portées par les services régionaux de l’orientation, avec le soutien de nombreux partenaires, les initiatives pour les aider sont les bienvenues. « Ce forum a pour objectif de faire émerger des solutions concrètes et adaptées pour les élèves scolarisés en ULIS, IME ou ITEP, à un moment charnière de leur parcours », explique ainsi Sandra Ferrer, chargée de mission Ingénierie de l’orientation à la région Centre-Val de Loire.
Grâce notamment à des cars affrétés par la région, 280 jeunes (avec 63 accompagnants) issus de 33 établissements sont donc venus rencontrer établissements scolaires, CFA, structures spécialisées, ESAT et entreprises adaptées, mais aussi plusieurs acteurs économiques comme Feuillette, Théraé, Transdev, Eiffage ou l’EHPAD du Grand Mont.
Des choix d’orientation parfois subis
À l’accueil, nous retrouvons Karim, 16 ans, en 3e ULIS Pro TFC (1) au lycée professionnel La Providence à Blois. Souriant, avenant, excellent communicant, le jeune homme nous explique son désir de faire de la mécanique auto. Un vœu pieux pour l’instant. Placé en CAP AAGA (Agent Accompagnant au Grand Âge), il n’a pas la vocation pour s’occuper des personnes en perte d’autonomie.
« J’adore la mécanique car plus tard je pourrai réparer ma voiture. Mais j’aime bien aussi le métier de paysagiste », raconte Karim qui a déjà effectué avec succès un stage chez un professionnel blésois. En classe, il bénéficie comme ses 9 collègues de la présence d’une accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH). À la clé, des progrès notables.
« Les parcours ne sont pas linéaires. Notre objectif est d’aider ces jeunes à s’insérer dans le milieu adapté mais aussi ordinaire de travail. Il est important que les entreprises les accueillent en stage », précise Claire Frampas, coordonnatrice du dispositif ULIS, en citant plusieurs exemples d’accès à l’emploi. Bien accepté au sein du lycée, le groupe de 10 jeunes ULIS est partiellement intégré aux classes de CAP AAGA et Équipier polyvalent de commerce (EPC).
Des entreprises plus inclusives
Venu pour trouver des pistes pour son fils Zachary en 3e ULIS à Vineuil, un papa a pu discuter avec différents professionnels. « Mon fils a fait un stage chez un horticulteur blésois qui s’est bien passé. Il faudrait maintenant trouver un établissement de formation », explique-t-il en pensant notamment à l’Agrocampus des 2 Vallées.
Constatant les efforts des structures scolaires pour se rendre plus inclusives, Yvan Coelho, directeur de Cap Emploi 41, note aussi les progrès dans l’accueil des jeunes par les entreprises dans le cadre notamment des politiques de RSE : « On progresse notamment grâce au travail collaboratif entre tous les acteurs. Depuis décembre par exemple, plusieurs salariés en situation de handicap de l’ADAPEI 41 travaillent au conditionnement encadré par un moniteur au sein d’une grande entreprise blésoise ».
Même constat pour Jérôme, conseiller en insertion professionnelle au Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile (SESSAD), une structure rattachée au département qui accompagne 25 jeunes handicapés « en ambulatoire » dans leur intégration sociale et professionnelle. Très utiles, les carrefours des métiers – actuellement en place en Indre-et-Loire et Loir-et-Cher – pourraient s’élargir à d’autres départements dans les mois et années à venir.
(1) Unité localisée pour l’inclusion scolaire en lycée professionnel – troubles des fonctions cognitives.
Yvan Coelho, directeur de Cap Emploi 41 constate des avancées dans l’insertion des jeunes en milieu ordinaire. Crédit JL Vezoin.
Plus d’infos autrement :
Chercher un emploi, c’est du boulot !