Le Conseil départemental vient d’adopter son budget primitif de 765 millions d’euros d’abord marqué par des économies, l’austérité et le recul des investissements.
Les rangs du Conseil départemental du Loiret se sont divisés sur les choix d’économies pour le budget 2026. ©Magcentre
« Ce budget 2026 n’est pas un budget de renoncement, c’est un budget de responsabilité et de résilience » : en ouvrant la session du Conseil départemental du Loiret, le président Marc Gaudet a tenu à désamorcer toutes les critiques de l’opposition visant cet exercice budgétaire. Il est vrai que le budget 2026 amorce une rupture inédite par rapport aux collectivités pour qui les économies restent un vilain mot. Craignant un risque de « tutelle », le Département aux finances dégradées a en effet pris des décisions radicales.
L’austérité va donc se concrétiser dans toutes les dépenses, à l’exception des crédits sociaux. Ce budget de 765 millions d’euros affiche en effet 55 millions d’euros d’économies (ramenées à 35 millions à la suite de 20 millions de dépenses nouvelles obligatoires).
Adieu festival de Sully !
« Chaque ligne, chaque crédit a été examiné, explique Marc Gaudet, pour ne retenir que des économies supportables et indispensables ». Les investissements vont donc afficher un recul (seule exception : 4,5 M€ pour le collège Montjoie à Saran). Le budget consacré aux routes va être divisé par deux, comme il l’était déjà l’an passé pour se limiter aux « urgences voire mettre un pansement sur une jambe de bois mais on n’a pas d’autres choix », se désespère le vice-président Hervé Gaurat.
Les aides aux associations et aux communes, les crédits pour les routes vont être amputés de 15 à 20% cette année. Cela touchera ainsi le sport (avec une aide en recul pour les licences) mais aussi la culture qui verra notamment la suppression du festival de Sully-sur-Loire qui accusait un déficit de 500 000 euros.
Une centaine de postes supprimés
Qualifié de « 5e département français le plus vertueux pour les dépenses de fonctionnement », le Département va donc réduire ses frais de fonctionnement de 12 millions d’euros avec notamment la suppression d’une centaine de postes d’agents contractuels en trois ans.
De grandes priorités sont cependant préservées comme l’éducation ou l’aide sociale (475 millions d’euros, +1,5%). Mais là encore le Département veut faire preuve d’initiative en relisant sa politique en faveur du RSA (125 millions d’euros pour 16 300 bénéficiaires). Un nouveau dispositif d’accompagnement de ces bénéficiaires et des contrôles renforcés (3% d’erreurs ou de fraudes constatées) permettra de limiter la dérive.
Ratios financiers en berne
Malgré ces efforts, le Département reste endetté avec des ratios peu favorables comme une capacité de désendettement de plus de 11 ans, non loin d’un niveau critique, une dette de 523 millions et un autofinancement divisé par 2,5 par rapport à 2022. Face à ces alertes, Marc Gaudet ne désespère pas de convaincre l’État d’engager une véritable décentralisation et une refonte des finances locales. Le Département aimerait ainsi collecter les recettes de cartes grises (aujourd’hui dans l’escarcelle de la Région), mais aussi une contribution des sociétés autoroutières ou une écotaxe.
« Les postures de l’opposition » !
Mais cela suffira-t-il à rassurer et l’opposition et tous les publics qui vont subir ces coupes budgétaires ? Alors, même si le budget communication du Département est lui aussi à la baisse, il va falloir faire preuve de pédagogie et d’une vision optimiste de la situation. Mais un espoir aura été vite douché, celui de voir l’opposition de gauche accorder un satisfecit au projet de budget. Mais l’opposition refuse ce budget et ce plan d’économies « sans discernement ni hiérarchisation des enjeux » et dont « les restrictions budgétaires vont peser sur les publics les plus fragiles », avec l’affaiblissement de « la politique d’insertion et la fragilisation de la vie associative et culturelle ». « Dommage, répond Marc Gaudet, que l’on ne converge pas ensemble vers des solutions non-clivantes. Ce sont des postures ».
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