Au château de Chamerolles, à Chilleurs-aux-Bois dans le Loiret, une exposition photo invite à découvrir la faune et la flore locales. Présentée du 11 avril au 20 septembre 2026, elle réunit 29 clichés réalisés spécialement pour le lieu par deux photographes loirétains passionnés, Robert Theyssens et Damien Leguel.
Pendant cinq mois, le château de Chamerolles accueille une exposition sur la nature loirétaine (photo Damien Leguel). Crédit : CG.
Pour cette seconde édition, 29 photographies sont exposées dans le jardin à la française du château de Chamerolles. « L’année dernière, la photographe Christelle Saffroy s’est attachée à capter l’intimité de la nature du département. Cette année, les photos mettent en lumière la faune et la flore locales, et font un lien naturel entre culture et patrimoine », explique Laurence Bellais, vice-présidente en charge de la culture.
Les deux photographes partagent une même passion pour l’image. Robert Theyssens, aujourd’hui retraité, pratique la photographie par plaisir et consacre une grande partie de son temps à capturer la nature ainsi que les paysages urbains du Loiret. De son côté, Damien Leguel, également amateur, s’oriente davantage vers la photographie animalière, tout en restant attaché aux scènes de nature. Tous deux membres d’un club, ils ont été repérés puis contactés grâce à la visibilité de leurs travaux sur les réseaux sociaux.
Robert Theyssens, Laurence Bellais et Damien Leguel, ouvrant officiellement l’exposition. Crédit : CG.
À l’affût de la lumière et du vivant
Parmi les clichés exposés, certains capturent des instants fugaces où la lumière joue un rôle essentiel. C’est le cas d’une photographie d’Orléans, réalisée par Robert Theyssens, qui saisit un coucher de soleil aux teintes chaudes. Le photographe s’est d’ailleurs lancé un défi personnel autour de ces lumières crépusculaires, cherchant à capter des ambiances toujours renouvelées.
La nature plus discrète n’est pas en reste. Damien Leguel parvient, par exemple, à immortaliser un héron, l’un des plus petits et des plus discrets du département, observé au bord d’un étang. Cette patience se retrouve également dans ses clichés de martin-pêcheur, oiseau difficile à photographier : « Il faut parfois des heures d’attente pour quelques instants de présence », confie-t-il. Sur l’une des photos, l’animal est saisi en train de se nettoyer, protégeant instinctivement son œil avant de plonger.
Une mise en scène maîtrisée
L’exposition joue aussi sur une alternance réfléchie entre paysages et scènes animalières. « Rien n’est laissé au hasard », explique Robert Theyssens : les photographes ont travaillé en concertation avec le château pour adapter l’accrochage à la lumière du soleil et au parcours des visiteurs.
La dimension technique occupe également une place importante dans leur travail. Robert Theyssens présente notamment une photographie réalisée grâce à la technique du « focus stacking », qui consiste à assembler plusieurs clichés pour obtenir une netteté parfaite du premier au dernier plan. Un procédé exigeant, rendu possible par les évolutions récentes des appareils photo.
Une exposition vivante à la portée écologique
Les images témoignent de la patience nécessaire à la photographie, notamment animalière. Un chevreuil mâle, immortalisé à l’aube dans une prairie calme, illustre cette exigence : pour ne pas être détecté, le photographe doit se positionner face au vent afin de masquer son odeur. « On attend, sans savoir si l’animal va venir, on sait seulement qu’il passe parfois par-là », résume Damien Leguel.
Au-delà de leur dimension esthétique, ces clichés ont aussi une portée écologique. La présence du martin-pêcheur, par exemple, constitue un indicateur de la qualité de l’eau, signe encourageant d’un retour progressif de certaines espèces dans le Loiret.
Pensée comme une exposition vivante et accessible, elle pourrait à l’avenir voyager à travers le département, notamment dans les collèges, afin de sensibiliser un public plus large à la richesse et à la fragilité de la biodiversité locale.
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