Élu maire de Romorantin-Lanthenay le 27 mars dernier, Louis de Redon, 44 ans, trace les grandes lignes de son mandat. Avec détermination, il entend d’abord être un maire du quotidien et renforcer l’attractivité de la capitale de la Sologne.
Louis de Redon devant l’Hôtel de ville de Romorantin-Lanthenay. Crédit J.L. Vezon.
Un mot tout d’abord sur votre élection. Vous avez terrassé le vieux Lion de Sologne…
Le score est important puisque la liste gagne avec 1 647 voix d’avance. Le message est sans appel, les Romorantinais veulent du changement. Nous devons donc être à la hauteur de leurs attentes. Mais la ville de Romorantin-Lanthenay est un gros navire et les choses ne se feront pas du jour au lendemain. Nous disposons de 7 ans, un temps long, pour bien faire. Vous savez, je suis d’abord un terrien puisque je viens du milieu agricole. Je suis avant tout un tracteur qui creuse son sillon plus qu’un bolide de course.
Dans ce cap, quelles sont vos priorités ?
J’en citerai trois. D’abord la santé avec l’accueil de médecins et de professionnels. Avec Dominique Giraudet, 2e adjointe et ex-directrice générale de la CPAM 41, nous serons proactifs pour les accueillir sur notre territoire tant à l’hôpital qu’en libéral. Ce travail se fera aussi en lien avec la communauté de communes du Romorantinais et du Monestois. Ensuite, la gestion quotidienne sera priorisée : entretien des écoles, des gymnases, des salles municipales, voirie… La vétusté des équipements et des routes est préoccupante. Après les grands chantiers flamboyants, place au quotidien. Deux fonds pluriannuels (remise en état de la voirie et écoles) seront créés dans ce but, dotés respectivement de 500 000 € et 100 000 €. Enfin, nous voulons redonner de l’attractivité à la ville pour passer la barre des 20 000 habitants à court terme (1). Cela passe par une baisse de la fiscalité, trop élevée puisqu’elle est supérieure de 40 % à la moyenne de notre strate de population. Notre engagement est une baisse de 10 % et cela commencera dès ce budget avec – 1 %. Dernier point, pour renforcer la prévention, deux policiers municipaux seront recrutés portant l’effectif à douze.
Comment est constituée votre équipe ?
C’est une équipe d’expérience et soudée, où chacun des 26 conseillers aura une délégation et mettra en œuvre notre programme de 50 mesures. Le biologiste et ancien chef d’entreprise Claude Naudion, 1er adjoint en charge des Finances et des RH ainsi que Dominique Giraudet, 2e adjointe en charge des solidarités, auront délégation générale de signature. Pascal Blanchard (culture), Céline Jardel (environnement, mobilités), Christophe Théodon (urbanisme, voirie), Thierry Villemont (sports), Monique Savary (commerce), Séverine Le Bihan (scolaire) et Sezer Puskullu (quartiers) travailleront en confiance. Un nouveau DGS est par ailleurs en cours de recrutement et sera en place dès le 1er juin. Enfin, Marie-Béatrice Loiselet sera ma directrice de cabinet.
Selon la chambre régionale des comptes, un certain flou entoure la gestion des ressources humaines des 407 agents communaux…
Nous allons remettre de l’ordre. Trois audits sont d’ores et déjà prévus : un premier sur les RH, un second sur les finances dont les conclusions seront rendues cet été. Notre objectif sera de baisser les dépenses de fonctionnement qui sont là encore quatre points au-dessus de celles de la strate. Enfin nous ferons un audit sur le patrimoine pour y voir plus clair sur l’inventaire des bâtiments communaux.
Serez-vous candidat à la présidence de l’intercommunalité le 21 avril prochain ?
Oui ! Avec d’abord le projet de changer le mode de gouvernance trop romorantinais centré. Les communes rurales auront ainsi deux tiers des vice-présidences (10 au total) et le 1er vice-président en sera issu. Ensuite, nous définirons un projet de mandat qui intégrera notamment la lutte contre la désertification médicale et la réindustrialisation de la Sologne qui possède une belle histoire industrielle. Nous devrons être prospectifs et envisager de nouvelles coopérations avec les autres EPCI. Quel périmètre ? L’avenir le dira mais je souhaite entamer une démarche de concertation. Notre interco est aujourd’hui endormie et “malussée” avec le coefficient d’intégration fiscale le plus bas de la région. Notre dette très basse nous donne heureusement une capacité d’intervention.
Vous êtes à la fois avocat et enseignant-chercheur en environnement et biodiversité. Allez-vous continuer à travailler ?
Je mettrai mon travail d’avocat en sommeil mais je vais conserver mon activité d’enseignant-chercheur (1) qui représente une trentaine de jours par an. Maire n’est pas un métier mais une fonction. Une activité professionnelle réduite n’est nullement incompatible. Soyez-en certain, je serai un maire à 100 % qui s’appuiera sur son équipe et les services qui auront à leur tête, je l’ai dit, un nouveau DGS.
Vous avez été conseiller Agriculture, Alimentation, Chasse, Pêche et Forêt au sein du cabinet de François Bayrou à Matignon. Que retirez-vous de ces quelques mois auprès du patron du MoDem ?
Cette expérience m’est d’une grande utilité et m’a permis d’enrichir mon réseau : chefs d’entreprise, organisations professionnelles, associations, politiques… Cette expérience de la machine de l’État va m’aider à exercer mes responsabilités au service des Romorantinais. Je retiens aussi que François Bayrou a su faire passer l’intérêt de la nation avant sa personne. C’est un acte fort de responsabilité.
(1) Louis de Redon a déjà publié 5 livres et 60 publications scientifiques. Il enseigne à AgroParisTech et conduit des recherches au sein de l’Institut de recherches juridiques de la Sorbonne.
Industrie, tourisme, santé… Louis de Redon veut construire une intercommunalité de projets associant les 16 communes. Crédit photo J.L. Vezon.
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