La chanteuse israélo-hollandaise, française d’adoption, a tenu la scène du théatre d’Orléans ce vendredi soir. Choisissant dans son répertoire des chansons anciennes comme récentes, en français et en anglais, elle a montré toutes les facettes de son talent, depuis la poésie jusqu’au sens profond de la mélodie.
Dans son grand fourreau noir, Keren Ann danse avec les bras, mise en lumière de façon originale, souvent en contre-jour. Elle commence son show par des chansons en français, des chansons connues, entendues à la radio. Elle qui est partagée entre plusieurs villes du monde, mais surtout Paris et New York, elle chante Paname en lui écrivant une lettre d’amour. Elle raconte de sa petite voix lente et enamourée son attachement à son métier, au pays, à l’écriture de chansons.
Une voix sûre
Ses trois musiciens, en formation de jazz piano basse batterie, ont aussi et surtout une culture de variété pop. Ils accompagnent avec brio cette voix sûre, toujours bien placée, qu’on croit fragile mais qui en fait sait se faire forte. La poésie des images et des histoires, souvent adressées à des gens bien précis qu’elle tutoie, propose des voyages sensibles et séduisants. Mais les mélodies savent aussi devenir énergiques, dansantes, presque violentes. Keren Ann n’est pas forcément le chanteuse calme et douce que l’on croit souvent.

Keren Ann. Photo Amit Israeli.
Et soudain, elle passe à l’anglais, puisqu’elle est parfaite quadrilingue ! Et lorsque ses complices musiciens la laissent seule avec sa guitare, la séquence devient franchement très folk. Les références sont alors plus du côté de Léonard Cohen ou Dylan. Mais aussi Joni Mitchell, surtout dans les narrations qui lui donnent un voix encore plus nette qu’en français, sans le flou de la langue française qu’elle manie avec élégance dans sa poésie.
Une artiste complète
Parce qu’elle est une artiste complète. Elle a beaucoup écrit pour d’autres interprètes, elle chante magnifiquement, joue de la guitare et du piano. Avec ses dix disques enregistrés, elle s’est taillée une très belle place dans le milieu de la chanson. Et sa prestation sur scène relève d’une grande connivence avec le public.
Ses musiciens revenus, ils enchainent dans les deux langues. Pendant deux heures, elle a puisé dans son répertoire de chansons intimes ou plus ouvertes. Jusqu’à revenir à son Jardin d’hiver, une chanson qu’elle a écrite pour Henri Salvador mais qu’elle interprète avec une émotion attachante. Le public l’a totalement suivie. Elle a donné, c’est son plaisir et ça se voit. Un bel échange !
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