Serge Grouard, Orléans et Place d’Arc : le choix d’une autoroute urbaine !

Le nouveau conseil communautaire d’Orléans Métropole a relancé à la hâte son projet des Mails, invalidant ainsi un vote négatif de 2025. Un projet considéré comme « désastreux » par Jean-Pierre Sueur et qui est encore loin du consensus.
 

À peine réélu à la Métropole d’Orléans, Serge Grouard a relancé son projet de restructuration des Mails. ©Richez Associés


Par Jean-Jacques Talpin.


Le premier conseil communautaire du 9 avril dernier devait logiquement, comme dans toutes les instances similaires, élire un président, un bureau et définir une nouvelle gouvernance. Mais à Orléans, Serge Grouard, largement réélu président, a voulu prendre les élus par surprise en relançant le projet de restructuration des Mails, ces grands boulevards ceinturant la ville. Ce projet avait pourtant été nettement retoqué par l’ancienne assemblée en 2025. Mais s’appuyant sur une majorité renforcée (avec le basculement à droite de Saint-Jean-de-Braye et La Chapelle-Saint-Mesmin), Serge Grouard s’est cru plébiscité pour relancer cet aménagement pourtant grandement critiqué.

Recentrage sur Place d’Arc

Le projet présenté jeudi 9 avril est néanmoins revu légèrement à la baisse avec la suppression des deux trémies Jean-Jaurès près de la future université Madeleine et d’un parking souterrain, deux investissements renvoyés au-delà de 2030… pour le prochain maire.

Reste donc le cœur du projet : le réaménagement du Carrefour Place d’Arc, la restructuration du centre commercial avec le dévoiement de la ligne de tram, la suppression des trémies souterraines, et de la passerelle piétonne ainsi que le déplacement du centre bus.

Pourquoi examiner ce projet majeur aussi vite juste après l’installation de la nouvelle équipe communautaire ? Pour des raisons juridiques et procédurales argue le maire alors que la gauche et notamment la socialiste Ghislaine Kounowski dénonce une procédure « à la hussarde ».

« Si on ne fait rien le centre commercial va s’effriter », rétorque le président de la Métropole, il y a urgence à agir ». Par ailleurs, la note sera moins salée puisque Carrefour investira 40 millions d’euros pour restructurer le centre commercial, ce qui ramènerait la facture de la Métropole à 23 millions.

Réparer une « erreur historique »

Il faut donc sauver le soldat Carrefour en centre-ville, ouvert en 1988 sous la mandature Douffiagues et considéré aujourd’hui par Florent Montillot et Matthieu Schlesinger comme une « erreur historique », une « verrue » à effacer du paysage orléanais. L’an passé, le maire d’Olivet s’était opposé au projet alors que cette fois, il met de l’eau dans son vin « pour donner une chance au projet » en s’abstenant.

Restent donc la gauche et les écologistes, toujours opposés au projet et demandant un report des délibérations pour des raisons financières et urbanistiques. Mais aussi « pour réfléchir » et demander l’organisation d’un concours d’urbanisme. Jean-Philippe Grand conteste notamment la suppression de la passerelle piétonne et de la circulation enterrée entraînant l’ouverture d’une « autoroute urbaine » à 6 voies où circuleraient 40 000 véhicules par jour. Un chiffre que conteste Serge Grouard en le ramenant à « seulement » 20 000 véhicules/jour…

« Un projet désastreux »

C’est justement sur cette question de « l’autoroute » avec un carrefour à feux contraire à toute fluidité piétonne que Jean-Pierre Sueur, l’ancien maire bâtisseur, vient de sortir de sa réserve pour dénoncer ce « projet désastreux ».

« Aujourd’hui écrit-il, cet accès est intégralement piétonnier. Mais il a aussi été décidé – je ne sais pourquoi – de démolir le plan incliné, (…) Mais il a également été décidé de combler les trémies situées entre la Place d’Arc et la rue de la République ».

« Mais là, ce serait désastreux, poursuit-il. Pourquoi ? Parce que si ces trémies disparaissent, la circulation reviendra en surface… et les piétons venant de la rue de la République devront franchir six voies de circulation pour aller au centre commercial, à la gare ou dans les quartiers avoisinants ». Pour Jean-Pierre Sueur qui avait déjà bataillé contre Place d’Arc version Douffiagues, « ce sera une évidente régression par rapport à ce qui existe aujourd’hui, qui est à 100% piétonnier !!! ». Arguant de sa passion pour l’urbanisme, l’ancien maire « ne comprend pas comment un élu de droite, du centre ou de gauche pourrait justifier cette régression… ». « La réalité, insiste-t-il dans son commentaire « non politique », c’est que c’est incompréhensible… et faute de pouvoir la défendre ou l’expliquer… j’espère de tout cœur que les élus à la Métropole, dans leur majorité, reviendront sur cette décision néfaste ! »

Marquer l’histoire ?

Fort de sa majorité, Serge Grouard n’a semble-t-il aucune intention de prendre en compte ces critiques. Il a donc obtenu un feu vert des élus mais qui laisse ouvert bien des contestations financières, techniques et procédurales. Mais qu’importe, le maire-président veut marquer l’histoire d’Orléans, laisser une trace en imposant ce projet contre vents et marées au cours de son (probable) dernier mandat. Il faudra donc attendre l’été 2027 et plus vraisemblablement 2028, pour que ce projet phare du 5e mandat de Serge Grouard connaisse ses premiers coups de pioche !


Plus d’infos autrement :

Restructuration des Mails d’Orléans : une alternative à « l’aveuglement » de Grouard !

Commentaires

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  1. A Tours, entre la gare et la mairie, on traverse les boulevards et il y a beaucoup de piétons…. Pas de trémie ! Pourquoi cela ne fonctionnerait pas à Orléans ? Cette trémie est monstrueuse….

  2. Le trou des Halles et le trou de Place d’Arc dans le même mandat ! Qui conseille Serge Grouard ? Il prend ses décisions à la Trump, sans jamais peser le pour le contre et sans vision à long terme, contrairement à Olivier Carré.

  3. La gauche métropolitaine, sèchement battue,a Orléans,saint jean de braye et la chapelle tente de se relancer sur la question de la place d’arc

    La gauche métropolitaine devrait
    plutôt s’interroger sur les causes de ses échecs,au lieu de tenter de mettre Serge Grouard en difficulté ,
    mission impossible vu son score
    Et particulièrement a Orléans,ou elle est partie divisee,avec. en plus un rejet mortifère et sectaire de la fi

  4. Bonjour
    Je dit oui à la démolition de la trémie trop dangereuse, sauf pour le centre bus elle sera implanté où exactement ce centre bus est bien positionner, je ne vois pas où va être le nouveau centre bus. Mais en tous cas je suis pour a 100 pour 100 pour la démolition de la trémie.

  5. Les abords de place d’arc sont horribles, complètement dégradés et dangereux pour les piétons qui traversent déjà quand ça leur chante entre le tram, les voitures et les camions parce qu’on ne leur laisse déjà pas assez de place actuellement. Et ce malgré une “passerelle” qui n’a d’intérêt que pour grimper au centre commercial, pas du tout pour traverser ! Donc une remise “à plat” des flux, c’est effectivement la seule option cohérente.

  6. Personnellement je suis contre la suppression de la trémie car c’est évite autant de circulation en surface et voir une autoroute urbaine avec plein de feux après cette merveilleuse trouée de platanes qui repose de ces voitures ! Cauchemar !! Je trouve aussi que la végétation qui s’est installée et qui descend sur la trémie est très agréable ! Ça cache le béton et c’est parfait !

  7. Monsieur Sueur s’y connait bien en aménagements urbains réussis. Le carrefour d’Auchan sur la RN 20 et ses embouteillages quotidiens est un grand succès.

  8. La place d’Arc est une verrue, la gare routière un coupe-gorge, la trémie incomprehensible en dehors des habitués, la traversée pour un piéton dangereuse…
    Rendre ce noeud de circulation vivable tout en gardant les arbres rescapés des mails?
    Des solutions sont envisageables sans grèver les budgets sur des années :
    – banaliser l’autoroute du Nord au Sud pour soulager le flux en centre ville.
    – améliorer les transports en commun en ajoutant des horaires : Le tram A entre 16h30 et 18h30 est bondé, c’est un cauchemar! Idem pour les passages de bus souvent aléatoires.
    – avoir des navettes régulières en centre ville avec des stations très visibles et infos affichées sur les prochains passages.
    – répartir les boutiques de la galerie marchande dans les rues commerçantes.
    – maintenir un supermarché intra-muros de taille moyenne puisqu’il semble pratique pour les citadins.
    – espérer que les élus prennent à cœur les soucis de leurs concitoyens en s’opposant aux délires urbanistiques, sans prioriser leur couleur politique.

  9. Monsieur Talpin toujours aussi féroce envers le maire. Je pense qu’il est temps de revoir cette place d’Arc et surtout les trémies dangereuses ainsi que la gare routière peu sécurisée.

  10. Tout à fait d’accord avec les commentaires de François Blaise et Patrice Leconet et d’autres ………….
    JP Sueur nous ferait des commentaires “non politiques” ….. Il a montré ce qu’il savait faire avec le carrefour d’Auchan sur la N 20 au sud et la construction du magnifique pont de l’Europe sans entrée ni sortie, toujours aujourd’hui, 20 ans après !! Mr Sueur, à 80 ans, il faut laisser la place aux jeunes générations ……… Quand à Mr Talpin, votre obsession à critiquer systématiquement Serge Grouard et son équipe décrédibilise toutes vos interventions. Pourtant tout n’a pas été mauvais dans les réalisations faites à Orléans dans les 20 dernières années, les Orléanais ne sont pas idiots et n’auraient pas voter à 40% au premier tour (avec 9 listes !!) pour la majorité sortante ……… et à près de 60% au second ! Je dis oui à la suppression des trémies place d’Arc et des solutions plus modernes et adaptées pour toutes et tous. Je retiens également de revenir à un projet de gratuité de l’autoroute entre Orléans sud et Orléans Nord pour désengorger la circulation sur les mails et la N20. La solution a été trouvée ailleurs, (Tours, Montpellier, ….), pourquoi pas à Orléans ?

  11. Il n’y a pas besoin de centre bus. Les bus peuvent s’arrêter sur les boulevards comme à Tours. Centre bus = trou à pisse glauque donnant une image effrayante de la ville à celui qui y arrive. Quant à Jean Pierre, qui a bien enlaidi Orléans (amour du gris et du métal : Zénith, Médiatheque, façade sud des halles hideuse…), il mérite enfin une bonne retraite….

  12. je partage depuis longtemps le souhait de voir le projet de gratuité de l’autoroute entre Orléans sud et Orléans Nord pour désengorger la circulation sur les mails et la N20. La solution a été trouvée ailleurs, (Tours, Montpellier, ….), pourquoi pas à Orléans ?

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