Famar: le numérique entre dans l’arène

Les laboratoires pharmaceutiques savent se soigner. La vue somptueuse qui s’offre sur Orléans la ligérienne depuis la terrasse de l’immeuble Famar en est la preuve. Construit par Sandoz à partir de 1953 par le célèbre architecte Jean Tschumi, le bâtiment fut ensuite occupé par Novartis et enfin par Famar, avant que ce laboratoire ne déménage à la Source.

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Nathalie Kerrien, Olivier Carré, Charles-Eric Lemaignen et les responsables du numérique chez Famar.

Puis c’est “grâce” au projet avorté de l’Arena que ce bâtiment qui borde la RN20 et la Loire va devenir le Lab’O, la pépinière de la French tech d’Orléans. Ironie de l’histoire, Famar et ses 18.000m2 de locaux d’activité devaient être démolis pour faire place à un palais des événements sportifs, et ils vont devenir après rénovation, le temple de l’économie numérique. Et peut-être le cœur du développement de la ville. A l’époque, en 2012, le bâtiment avait donc été racheté par la ville d’Orléans pour 10,8 millions d’euros, laquelle l’a revendu lundi soir, par une décision du conseil municipal, 8,8 millions à l’agglomération.

Faire réapparaître la structure béton

Il sera en effet géré par Orléans-technopole qui va s’y installer. Comme l’a indiqué lundi matin Olivier Carré, premier adjoint au maire chargé du développement économique et de la ville  numérique, les travaux pour réaménager les bâtiments se monteront à 10 millions d’euros. Et dire qu’une brochette d’architectes dont le fils de Tschumi avait demandé son classement pour qu’il ne soit pas livré aux bulldozers! Maintenant les “promoteurs” de la ville parlent de faire réapparaître la structure en béton.

Famar, c’est un peu l’histoire de la ligne 2 du tramway d’Orléans. L’opposition, avec Corinne Leveleux-Teixeira, avait proposé pendant la campagne des municipales cette conversion de Famar en pépinière numérique. A l’époque, la majorité était contre. Au motif que la réhabilitation du site aurait coûté “trop cher”, au minimum 20 millions d’euros, notamment pour le désamiantage… Une fois le dossier d’Aréna bloqué puis enterré (par le gouvernement socialiste), Serge Grouard avait rangé son ballon de basket au vestiaire de l’histoire et s’était ensuite converti à un Famar revisité. Il n’y a que les imbéciles…

Au moins trois cents emplois

Tout ira très vite: dans une dizaine de jours, l’architecte sera choisi. Les locaux seront réaménagés fin 2015 en incubateur d’entreprises, avec des espaces pour l’accueil du public. Au deuxième étage, un impressionnant plateau de 2 000 m2 sera transformé en bureaux-paysage et en espaces communs. Parallèlement, une des “success story” du numérique orléanais, l’entreprise Easyflyer qui fait de l’imprimerie en ligne, s’installera dans un autre bâtiment de 5 000m2. Avec ou sans la labellisation en cours par l’Etat au titre de la French tech (avec Tours), le site Famar Orléans, le Lab’O, espère accueillir à terme plusieurs dizaines d’entreprises et au moins trois cents emplois.

Orléans avait déjà un accélérateur de particules au CNRS de la Source, la voilà maintenant dotée d’un accélérateur de start up en bord de Loire.

Ch.B

Publié le 31 mars 2015

Commentaires

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  1. Bonjour cher Mag Centre…
    Comme vous m’y avez invité récemment, mais tout en restant discret sur la forme que prendra ma remarque… Je voulais vous signaler une petite – ou grosse – erreur de légende dans votre article.
    Il ne me semble pas que l’on puisse affirmer que sur ce cliché on retrouve “des responsables du numérique chez Famar”. Ou à imaginer que Mathieu Langlois – dans une version démultipliée pour assumer le pluriel -, qui, il me semble, est un conseiller délégué au numérique du conseil municipal, ait comme autre activité un poste de cadre chez Famar ! (après vérification il est conseiller délégué réseaux et e-administration… Je n’étais pas loin du compte)
    Certes, Mathieu Langlois n’est pas souvent sous les feux de la rampe, et cela explique probablement que vos journalistes ne l’aient pas identifié.
    Il n’y aura pas de bonnet d’âne décerné car l’humilité nécessaire dans notre profession mérite que l’on s’en tienne à faire bien ce que l’on a pour nature à faire.
    Très cordialement

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