A la suite du décès de Jean Germain, ancien maire de Tours et sénateur socialiste d’Indre et Loire Stéphanie Riocreux, sa suppléante, l’a remplacé au palais du Luxembourg. Cette mère de famille de 49 ans qui était jusque-là maire de Benais (940 habitants) et présidente de la communauté de communes de Bourgueil exerce désormais son premier mandat national.
Du jour au lendemain votre vie a basculé. Avez-vous hésité à accepter ce poste qui implique plusieurs jours par semaine à Paris ?
Il a fallu absorber le choc, ce qui n’était pas rien mais je n’ai pas hésité. Lorsque j’avais accepté d’être la suppléante de Jean Germain, je savais que cela pouvait se produire et j’en avais mesuré les conséquences mais pas une seconde je n’avais imaginé que je pourrais remplacer Jean Germain dans de telles circonstances. Nous étions tous les deux du Pays de Bourgueil ce qui nous permettait d’échanger beaucoup. C’est Jean Germain qui était venu me chercher et m’avait proposé d’être sa suppléante.
Comment avez-vous été accueillie au Sénat ?
Très bien. Tout le monde, que ce soient les sénateurs et sénatrices et pas que ceux de mon groupe, les administrateurs et tout le personnel se sont montrés bienveillants. J’ai intégralement conservé l’équipe constituée par Jean Germain, ses assistants à Paris et dans le département. Cela a facilité ma prise de fonction.
Jean Germain appartenait à la Commission des Finances, vous à celle des Affaires sociales, comment ce changement est-il intervenu ?
Le président du groupe socialiste, Didier Guillaume, est passé de la commission des Affaires étrangères à celle des Finances et le sénateur du Vaucluse, Claude Haut de des Affaires sociales aux Affaires étrangères. J’ai pris la place qu’il laissait vacante.
Vous avez pris votre travail de sénatrice à bras le corps. Quel regard portez-vous sur ces mois passés au Palais du Luxembourg alors que la session se termine ?
Dès mon arrivée, j’ai suivi l’examen du projet de loi sur la fin de vie, sujet extrêmement sensible. Avec l’ensemble du grouper socialiste j’ai voté contre car après son passage en séance publique il ne ressemblait plus au texte que nous avions établi en commission. Nous avons également longuement étudié la loi Macron et le dialogue social avec la loi Rebsamen.
J’ai également posé ma première question au gouvernement. J’étais émue. J’ai interrogé la ministre de la décentralisation, Marylise Le branchu sur l’accompagnement des territoires par le gouvernement dans l’application de la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République.
J’ai également suivi de nombreuses auditions, ce qui est un luxe absolu car un panel de tous les horizons concernés sur un sujet nous est présenté avec beaucoup de clarté par les personnes les plus compétentes et les plus concernées. Cela permet d’établir un équilibre entre toutes les tendances et opinions, équilibre qui se retrouve dans la loi.
Allez-vous partir en vacances ?
Quinze jours en août avec mari et enfants ce qui ne m’empêchera pas avant et après d’aller à la rencontre des élus de mon département.
Propos recueillis par Françoise Caries
Publié le 23 juillet 2015