Dans un communiqué intitulé “Répartition des migrants de Calais : non au diktat migratoire”, le conseiller régional Les Républicains et maire de Neung-sur-Beuvron G. Peltier exprime sa vive opposition à se laisser imposer le nombre de migrants de Calais qui doivent être répartis sur le territoire français, dont 828 en région Centre-Val de Loire.
C’est la Une de nos confrères du Figaro qui a mis le feu aux poudres. Une carte présente le nombre de migrants que chacune des 13 régions françaises va devoir accueillir sur son sol, pour vider peu à peu la jungle de Calais, au bord de l’explosion. 12.000 places d’hébergements devront être créées d’ici à la fin de l’année, le Ministère de l’Intérieur en prévoit 828 en région Centre-Val de Loire dont 580 places nouvelles.
Dans son communiqué, le chef de file de l’opposition Les Républicains au Conseil régional Guillaume Peltier s’étrangle : “Qu’il faille en ces temps difficiles faire preuve de solidarité, nous y sommes tous prêts. Mais, repartir les migrants dans nos communes rurales ne résout en rien la crise migratoire que nous traversons. Pire, elle l’amplifie ! Que les élus locaux soient mis à contribution et consentent à des compromis dans l’intérêt général, nous y sommes prêts. Mais sans être consultés ni même informés, c’est mépriser notre travail quotidien (…)”
Joint au téléphone par Mag’Centre dans l’après-midi du 13 septembre, G. Peltier s’explique : “Des rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines, mais nous venons de découvrir le chiffre exact à la Une du Figaro ce matin. Ce qui me révulse, c’est que le Ministère de l’Intérieur a demandé aux préfets de ne pas nous consulter. Tous les jours, je sollicite L’État, pour les difficultés sociales dans les territoires ruraux, pour le manque de médecins, pour les agriculteurs en grande souffrance… Alors que chacun sait, avec lucidité, que tant qu’il n’y aura pas d’emplois ni de logements, c’est illusoire et même une faute de proposer aux migrants un eldorado qui n’existe pas”.
Alors que faire ? Renvoyer les migrants de Calais chez eux ? “L’État a les moyens pour mettre à disposition des logements provisoires, même envisager la scolarisation des enfants, bref il a les moyens d’intervenir à Calais même. L’autre chose qu’il faut faire : il faut aller discuter fermement avec les Britanniques, et les contraindre à accepter de construire sur leur sol un centre d’hébergement provisoire. Il faut aussi que les procédures de demandes d’asile soient examinées plus rapidement, pour que les réfugiés – qui viennent d’un pays en guerre – soient accueillis comme il se doit car c’est notre devoir moral. Mais que les migrants économiques soient renvoyés chez eux. On ne peut pas accueillir tout le monde”.
Le président de la Région PACA Christian Estrosi a indiqué dans l’après-midi “s’opposer formellement à ce que nous subissions les mini jungles que le gouvernement voudrait imposer”.
F.S.
Publié le 13 septembre 2016