L’évêque d’Orléans Mgr Jacques Blaquart a tenu une conférence de presse lundi 22 octobre au matin, pour tenter d’expliquer davantage les raisons du geste fatal qui a conduit à la mort du père Pierre-Yves Fumery, 38 ans, prêtre à Gien. Une enquête pour « suspicions d’agression sexuelles sur mineur de 15 ans » avait été ouverte le 21 septembre par le procureur de la République de Montargis. Mais « aucune infraction pénale matérialisée » n’avait été relevée.
Très ému et les traits tirés, Mgr Jacques Blaquart a fait face aux médias lundi 22 octobre au matin à l’évêché d’Orléans, pour donner quelques explications sur la mort par suicide, dans son presbytère, du père Pierre-Yves Fumery, 38 ans, samedi dernier. Il a été retrouvé pendu, et a laissé une lettre dans laquelle il demande « pardon ».
« C’est un moment d’épreuve tragique, de souffrance », a indiqué Mgr Blaquart, en ajoutant que ses pensées allaient en premier lieu vers « sa famille, ses frères prêtres et toute la communauté des paroisses du Giennois ». Originaire d’Orléans, ordonné prêtre en 2014, il était responsable des communautés chrétiennes du Giennois depuis 2017.
Une trop grande proximité mais pas de gestes déplacés
Selon l’évêque d’Orléans, le service d’écoute des blessures (1) avait été contacté le 7 septembre dernier par des paroissiens qui dénonçaient des « comportements inappropriés » envers des adolescents de 13-14 ans, enfants de chœur et plus particulièrement de l’une d’entre eux. Mais à ce moment là, précise l’évêque, « aucuns faits n’ont entraînés la saisie de la justice ». Il lui a demandé de « prendre du recul, de se faire accompagner et de quitter le Giennois quelques temps », ce qu’il a fait. Que reprochait-on au jeune prêtre ? « Une certaine proximité physique, un comportement pas ajusté avec une jeune fille » explique Mgr Blaquart. « D’avoir pris une jeune fille dans ses bras, de l’avoir raccompagnée plusieurs fois en voiture… ».
Ces “informations préoccupantes” ont cependant suffisamment alertés le procureur de la République de Montargis Loïc Abrial, qui, selon La Rep et l’AFP, a ouvert une enquête le 21 septembre pour « suspicions d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans », menée sur « des informations préoccupantes ». Le quotidien loirétain ajoute que « plusieurs personnes ont été entendues dont le prêtre en qualité de témoin », car aucune infraction pénale matérialisée n’avait été relevée. Le procureur ajoute, toujours selon La Rep, que « C’est un questionnement sur une relation amicale en tant qu’adulte responsable de l’encadrement d’adolescents ». Le père Fumery, qui avait admis une trop grande proximité avec cette jeune fille mais pas de gestes déplacés, était revenu le 8 octobre à Gien, avec l’accord de l’évêque, mais sans reprendre d’activités paroissiales et après une enquête de l’aide sociale à l’enfance et le classement ; la gendarmerie l’avait informé qu’aucune charge n’avait été retenue contre lui.
C’est le deuxième prêtre, du même âge (38 ans), qui se suicide en un mois dans des circonstances quasiment similaires. Le 18 septembre dernier, le père Jean-Baptiste Sèbe s’est donné la mort dans un local attenant à son église, à Rouen. La veille, il avait été entendu par son évêque au sujet d’une jeune femme, majeur, dont la mère était venue se plaindre auprès de lui de comportements déplacés du prêtre envers sa fille. Elle n’avait pas porté plainte. Ce jeune prêtre s’était suicidé le lendemain de l’entretien avec son évêque.
F.Sabourin
(1) Créée dans le diocèse d’Orléans en 2014.