A Orléans le procès des Parlementaires tolérants au glyphosate comme Marianne Dubois (LR)

Mardi dernier se tenait le procès des deux militants anti-glyphosate, François Coulmeau et Claude Lipmann, qui avaient placardé la permanence de la députée Marianne Dubois à Pithiviers avec des affiches « Glyphosate = permis de tuer ». Les faits remontent au 29 juin dernier et ont entraîné des poursuites de la part de la députée qui réclame au deux hommes la coquette somme de 4600 euros de dommages et intérêts. Une aberration pour les prévenus qui assument leur action « citoyenne » mais nient toute dégradation. Le procès a attiré un grand nombre de militants anti-glyphosate venus manifester devant le tribunal d’Orléans armés de pancartes indiquant leurs taux de glyphosate, tous au dessus de la norme. Le jugement a finalement été mis en délibéré à la date du 21 mars. 

Des militants anti-glyphosate, souvent positifs au dépistage du glyphosate, se sont mobilisés devant le tribunal pour manifester leur soutien aux accusés

Les deux retraités expliquent leur geste par la seule volonté de manifester et de dénoncer l’absence de la députée de la cinquième circonscription du Loret lors du vote concernant l’amendement interdisant l’utilisation du glyphosate à l’Assemblée nationale. En tout, neuf affiches ont été placardées sur les volets de la permanence de Marianne Dubois à Pithiviers. Sur l’une d’elle, les militants interpellent directement la députée « où étiez-vous au moment du vote ? ». Les deux hommes, dont le casier judiciaire est vierge, assurent n’avoir aucune affiliation à un parti politique et avoir simplement agit en tant que « citoyen » afin de « ne pas se laisser empoisonner sans rien faire ».

Les accusés comparés aux faucheurs volontaires d’OGM

Le mouvement des faucheurs volontaires présents dans toute la France, s’oppose à l’utilisation d’OGM en fauchant les champs transgéniques

La défense met en avant l’état de nécessité et l’urgence d’intervenir en tant que citoyen quand les représentants du peuple n’agissent pas en conséquence des promesses faites et des réalités scientifiques exposées à propos du glyphosate. La plaidoirie de l’avocat de François Coulmeau et Claude Lipmann appelle à une relaxe des prévenus en prenant l’exemple de l’affaire des faucheurs volontaires qui avaient saccagé un champ de maïs transgénique en 2005 et où l’état de nécessité avait été retenue. Pour appuyer son raisonnement l’avocat de la défense appelle à la barre Arnaud Apoteker – délégué général de l’association justice pesticide, titulaire d’un doctorat en physique-chimie et ancien collaborateur de Greenpeace sur la question des OGM – qui fait état d’une situation d’urgence absolue que les pouvoirs publics ignorent et délaissent. Il expose les études démontrant la nocivité de ce produit pour la santé et la qualifie de « cancérogène ». Il déplore le manque de réactivité de l’État et la contradiction entre les promesses du gouvernement d’interdire le glyphosate dans les 3 ans, après une nouvelle étude publiée en 2015, et le comportement des élus à l’Assemblée nationale qui semblent totalement se désintéresser de la question.

Pour les deux accusés, tout les deux positifs au test de dépistage du glyphosate à hauteur de 0,29 et 0,56 nanogrammes par millilitre d’urine, il n’y avait aucune volonté de dégrader mais de dénoncer les attitudes des élus sur cette question épineuse. De plus, ces derniers indiquent que « l’état des volets de la permanence sont dans le même état avant et après le collage » et que la demande de dommages et intérêts à hauteur de 4600 euros par la députée est totalement absurde. Ils revendiquent encore et toujours leur droit d’agir et de manifester pour leur santé quand les élus n’en font pas une priorité. Le fin mot de l’histoire sera rendu le 21 mars, date du délibéré.

ZF

Commentaires

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  1. Je pense que personne, lors du procès, n’a prononcé le mot “accusés” dont on se repait dans ce papier. Personne ne veut faire croire que les prévenus sont des criminels !

  2. Il serait bon de respecter le contradictoire et de demander son point de vue à Madame la députée. Chacun sait qu’en fonction du travail parlementaire et de l’horaire souvent tardif des débats, l’hémicycle fait rarement le plein. De là à dégrader une permanence électorale, il y a un fossé qu’il ne fallait pas franchir. Ce genre d’action s’est multiplié ces derniers temps et ce n’est pas tolérable.

    • sauf qu’il n’y a pas là de dégradation !
      n’y aurait -il plus aucun moyen de protester sans être “préventivement” accusé de violence ?

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