“La France, terre d’asile. La France, terre d’argile, pour Dany Dufour. Voilà une artiste qui aime la terre, sa couleur, ses couleurs, selon qu’elle est naturelle, cuite, brûlée, desséchée, enfumée… Voilà une artiste qui aime jouer avec la terre, qu’elle rend lisse, émaillée, craquelée, hérissée, biscornue… Voilà une artiste qui aime et respecte la terre nourricière, ses végétaux, ses graines, qui ensemencent et portent en elles de nouvelles promesses de vie. Voilà une artiste qui, comme le ciel de Loire, se renouvelle sans cesse, sans jamais cesser d’être celle qui embellit la vie.”

Tel sont quelques-uns des mots d’Abel Moittié, humaniste, adjoint au maire chargé des affaires culturelles, prononcés ce samedi matin en l’Hôtel Groslot à l’occasion d’un dont précieux effectué par la céramiste et sculptrice orléanaise Dany Dufour, celui d’une œuvre évoquant Jeanne d’Arc. Cette touchante et délicate, grave et douce, avait été réalisée pour le six-centième anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc dans le cadre d’un musée imaginaire de six-cent portraits initié par l’association L’art O’ Contemporain.
Et Abel Moittié de poursuivre: “Et c’est bien cet amour que l’on ressent dans son interprétation de Jeanne, une Jeanne assaillante tout droit sortie de l’esprit manga, une guerrière sculptée en ronde-bosse et composée de faïence chamottée. Protégée par sa cote de mailles, elle est hérissée telle une gorgone de chevaliers parés pour la bataille. Mais à y regarder d’un peu plus près, est-ce qu’on ne voit pas dans son attitude une sorte de lassitude des combats ? Est-ce qu’on ne lit pas toute la tristesse que porte son regard sur le chaos du champ de bataille ? Est-ce qu’on ne ressent pas qu’elle aspire au calme, au silence, au repos ? “
Faisant désormais partie du patrimoine orléanais, “La Jeanne ” de Dany Dufour figure aujourd’hui à l’Hôtel Groslot.
JDB