C’était il y a à peine 10 mois. Lui Président, on allait bien voir ce qu’on allait voir. Il nous avait pourtant bien expliqué pendant sa campagne que l’impact en France de la crise économique mondiale résultait d’abord des choix politiques du Président en place (oui, celui qui a renfloué son Conseil Général de Corrèze au bord de la faillite).
Lui Président, l’argent taxé aux « riches » irriguerait le pays, les caïds reviendraient dans le droit chemin, le prix de l’essence serait bloqué sur les marchés mondiaux, l’Allemagne s’agenouillerait devant nous pour renégocier le Traité Européen en notre faveur, la Chine serait contrainte de réévaluer sa monnaie, les financiers trembleraient et réfléchiraient à deux fois avant de nous prêter de l’argent avec un taux d’intérêt, le budget de la Culture serait sanctuarisé, la TVA sociale serait abrogée puisque compétitivité et croissance reviendraient par un coup de baguette magique …
Je ne peux pas croire que François Hollande lui-même croyait sincèrement en ses discours et ses propositions grossières, lui qui est diplômé de l’ENA et de HEC. Mais si on se moque ainsi des français au sommet de l’Etat, comment est-ce que l’on fera pour endiguer la montée des populismes ? Comment regretter ensuite que l’abstention progresse à chaque élection ?
10 mois auront suffi pour que le rêve français se brise définitivement sur le mur d’une réalité cauchemardesque. 10 mois auront suffi pour que les français ne croient plus et n’attendent plus rien de François Hollande dans un pays où le Parti Socialiste détient pourtant tous les échelons du pouvoir.
La France n’atteindra pas les 3% de déficit promis et le gouvernement est entraîné dans une infernale augmentation généralisée des impôts. La fiscalité pèse de plus en plus lourdement au niveau local et national sur les créateurs de richesses, c’est-à-dire les employés, ouvriers, agriculteurs, entrepreneurs, artisans, commerçants, professions libérales … La dernière idée en date des Verts n’est guère rassurante : il s’agirait désormais de taxer … les mégots de cigarette.
Le budget de la Culture a reculé immédiatement de 4%, avec des conséquences concrètes : de beaux projets sont abandonnés comme le Musée de l’Histoire de France, et une partie de notre magnifique patrimoine est désormais délaissée.
La délinquance a augmenté de 5,6% au mois de décembre, avec une explosion historique de 58% des cambriolages à Paris intra-muros en janvier : rien d’étonnant hélas puisque le discours d’apparente fermeté de Manuel Valls est systématiquement court-circuité par le laxisme que prône Christiane Taubira par pure idéologie. Qui peut croire que la délinquance reculera si on supprime des places de prison, les tribunaux pour mineurs, les peines de rétention, les peines planchers .. ?
Face à son « ennemi » la Finance (que François Hollande fustigeait à Paris et rassurait à Londres pendant sa campagne), une loi de réforme bancaire a bien été votée, mais celle-ci concernera moins de 1% des activités bancaires … Autant dire que les traders de la City et de Wall Street ne verront pas leur sommeil perturbé.
Quant à la TVA sociale, les députés socialistes qui ont sillonné leur circonscription en promettant l’abrogation de ce dispositif « mesure injuste et inefficace », tracts en main, s’apprêtent à augmenter de 3 points le taux réduit de TVA (actuellement fixé à 7%) lequel concerne notamment le logement social, le transport, la culture ; contrairement à la mesure de Nicolas Sarkozy qui annonçait en toute transparence avant la campagne une augmentation de 1.6 point du taux normal de TVA (actuellement fixé 19,6%).
Un tel discrédit porté à la parole publique risque d’avoir des conséquences catastrophiques lors des prochaines élections.
Le bilan sur la scène européenne reste cependant le plus révélateur de l’esbroufe de François Hollande : le Traité Européen a été ratifié à la virgule près, l’Union Européenne n’a pas fait de plan de relance mais a réduit son budget, la France est reléguée au second rang par l’entente Merkel-Cameron, et l’aide alimentaire aux plus démunis a été amputée d’un tiers … Cette même aide alimentaire que Nicolas Sarkozy, soit disant « Président des riches » avait réussi à préserver durant son mandat.
Je ne peux que déplorer que la campagne présidentielle n’ait pu faire l’objet d’un débat rationnel. Face aux difficultés rencontrées par notre pays, Nicolas Sarkozy a eu le mérite de porter jusqu’au bout des solutions audacieuses et courageuses pour améliorer notre compétitivité, engager la réindustrialisation, résorber les déficits, renforcer la sécurité et préserver notre identité dans la mondialisation.
Mais, comme le disait le général de Gaulle : « Ce qui est salutaire à la nation ne va pas sans blâmes dans l’opinion ni sans pertes dans l’élection ».
Grégoire DAUBIGNY