Après le < C du Centre> voici venir le “Loire & Orléans vous donne le vrai”! Mais où vont-ils chercher tout cela? Les agences de communication produisent de vraies pépites, ces deux-là en sont la preuve.
Il y a quelques jours, la Région Centre ( à gauche) avait lancé le “C du Centre” , label nouveau des produits agricoles et du terroir. Lundi à Orléans, les acteurs publics de l’économie départementale (à droite) ont lancé une marque censée renforcer son identité, auprès des entreprises essentiellement.

“Le label C du Centre” de la Région, chambre de métiers, avait ouvert le bal.
Ils s’y sont mis à quatre, le département (ex-conseil général) la CCI (Chambre de commerce), l’agglo, l’ADEL (agence de développement) et l’UDEL (émanation locale du Medef), qui ont mis au pot 85.000 € et et ont donc demandé à Médiascopie de faire écolore cette petite merveille de marketing et communication “Loire & Orléans vous donne le vrai”.
Un guichet unique
A terme, ces acteurs de la séduction économique à l’endroit des entreprises, vont créer un guichet unique et devraient se regrouper sur un site commun. Pour faciliter la tache des candidats à l’implantation dans le Loiret. Quel site? Probablement sur le futur quartier d’affaire, entre les gares d’Orléans et des Aubrais. Et les méchantes langues de dire que l’UDEL, ayant du mal à amortir la Maison des entreprises, ne serait pas mécontente de partager les coûts à l’avenir.
Quant à l’enquête réalisée après un sondage auprès des habitants du Loiret et qui aura donc coûté 80.000€, magcentre ne résiste pas au plaisir d’en faire partager les conclusions à ses lecteurs. Une pépite…
Précision: la méthode appliquée par Médiascopie s’appuie sur une enquête “les mots de …” qui est une “création exclusive Médiascopie”; En gros cette méthode révolutionnaire consiste à soumettre des mots à un échantillon d’habitants, forcément représentatifs, et ceux-ci doivent leurs attribuer des notes.
A propos de mot, celui de loiretain (habitants du Loiret) que personne ou à peu près n’emploie, est aussi une belle pépite. A t-il un avenir? Chez nos voisins d’Eure-et-Loir, celui <d’eurélien>, à peu près aussi laid que loiretain a bien du mal à s’imposer. Ca se comprend.
Ch.B
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1. Portrait physique du Loiret
La peau : une terre de tensions
Une certaine monotonie de surface rompue par la verticalité, une nature domptée qui continue pourtant de résister, des lignes géométriques rassurantes construites par l’homme qui contrastent avec les formes irrégulières de la nature, une tension entre le chaud et le froid…Le Loiret serait-il un territoire ambivalent ? Cette dualité a priori justifie-t-elle l’image d’un département difficile à caractériser au premier coup d’oeil ?
Ne constitue-t-elle pas un atout, un charme irrésistible ? Celui que Flaubert définira comme “la douceur réussie des nuances opposées” ? Autrement dit un équilibre des contraires.
Les sens : une terre d’équilibre
Une lumière inspirante, le silence animé de la nature, une certaine diversité olfactive, une gastronomie généreuse de desserts et de condiments, des matières naturelles, un climat tempéré… Les tensions visibles au premier coup d’oeil laissent apparaître progressivement la réalité d’un équilibre harmonieux, qui nuance l’image d’un territoire terne et sans identité. A moins que la complexité ne se niche ici même : dans cet équilibre subtil des contraires, dans ce va-et-vient incessant entre des éléments en apparence opposés, mais qui finalement apparaissent comme complémentaires.
Sous la peau, le squelette : découvrons maintenant la solide charpente d’une terre qui se livre timidement.
L’ossature : une terre d’ancrage
Des fermes beauceronnes et des demeures solognotes fermées sur elles-mêmes, des villes qui se développent sous l’ombre de Paris, une terre offrande généreuse et féconde, un tissu industriel redynamisé, une région carrefour organisatrice de festivals et manifestations internationales…
Habitat, agriculture, tissu industriel, activités culturelles : malgré les tensions, par-delà les équilibres, le Loiret repose sur un socle homogène et solide.
Portrait physique : une terre qui se livre sans retenue
Le Loiret, ce territoire plus complexe qu’il n’y paraît, se révèle bien plus structuré que ne le laisserait penser la façon dont il a été créé. Il n’en subsiste pas moins une certaine ambiguïté, car cette terre généreuse est paradoxalement fermée sur elle-même. Le Loiret ne serait-il prodigue que pour les siens ? Ce département qui souhaite améliorer son attractivité est-il vraiment attrayant, vu de l’extérieur ? Ses atouts sont-ils assez mis en avant ? Ou la volonté de rester sur son quant à soi au contraire plus forte ? Il se dégage ainsi l’image d’une région sage, discrète, lisse, en retrait, qui ne met guère en avant ses ressources et richesses.
2. Portrait psychologique du Loiret
L’état civil : une terre d’appartenance
Le département du Loiret raconte, par sa toponymie et ses blasons, l’histoire de ses origines, par extension les origines du Val de Loire et plus largement celles de la France, berceau de la politique, de l’économie et de la langue : villages gaulois, colonies romaines, invasions barbares, christianisation; travail des champs, développement des mines de fer, transformation des domaines en villages ; omniprésence de l’eau et des arbres, d’une nature à la fois source de vie et de danger.
Le berceau de la France est là, dans cette vallée qui, suivant les méandres de la Loire, regorge de vestiges du passé, de croyances, de traditions.
Portrait psychologique : le bien-être avant tout
Complexé vis-à-vis de Paris, cantonné au rôle de second sur les plans politique et économique, le Loiret a su convertir en force ce sentiment de frustration. Extrêmement volontaire, il cherche à séduire par une élégance contemplative qui n’enlève rien à son dynamisme, tourné vers l’excellence et l’innovation.
La tension entre préservation des traditions et course à la modernité est bien un trait caractéristique du Loiret. Ce département foncièrement stable vit bien dans le présent sans jamais rompre avec son passé – un passé dépoussiéré et porteur d’avenir.
Si la Loire reste « maîtresse des heures qui passent », comme l’écrit Maurice Genevoix, le Loiret garde lui aussi, à sa manière, le contrôle du Temps. Force tranquille du fleuve qui s’écoule dans son lit, dynamisme lent de l’arbre plongeant ses racines dans la terre pour élever sa cime, le Loiret ressemble décidément aux éléments qui constituent et symbolisent son territoire.
Le constat d’un territoire sans grande identité est clairement rejeté, bien que le territoire pâtisse d’une faible appropriation par ses habitants, basée sur une triple problématique, qui représente autant de freins qu’il faut avoir à l’esprit pour mieux les dépasser : une faible mobilité intra-territoriale : Pithiviers, Gien et Montargis sont très modérément placés sur le mapping, et surtout par les habitants de l’AgglO. Le territoire manque aujourd’hui d’unité et il faudra identifier en priorité les facteurs capables de dépasser ce manque
– Le spectre parisien : à travers les items le Loiret, banlieue de Paris et Paris se dessine la peur de voir le territoire loiretain phagocyté par une mégapole à laquelle les habitants ne s’identifient ni en termes géographiques, ni en termes de mode de vie. La position modeste des résidences secondaires pose également la question de l’utilisation du territoire pour le bon plaisir des Parisiens…
– Un territoire au conservatisme trop affirmé : le conservatisme, qui n’est pas non plus dénué d’une forme d’élégance et de persistance dans le temps, n’est pas créateur d’identité positive, tant il s’ancre dans la tentation d’un “entre-soi”, loin d’une posture d’ouverture.
– La question est simple : comment créer de la fierté, un item qui est finalement assez modérément situé ? Autour de la figure dominante d’Orléans, qui est appréciée de manière assez consensuelle par les habitants du territoire et qui est considérée comme un atout majeur pour celui-ci, se positionnent les deux pôles contradictoires auxquels il va falloir trouver une cohérence : les traditions, plus valorisées en soi, mais renvoyées vers le passé ; et la modernité, forcément porteuse d’avenir, mais ressentie moins positivement…
2. Source : Histoire collective, épanouissement individuel
Aussi étrange que cela puisse paraître, les items symboliques majeurs que sont Jeanne d’Arc et fleur de Lys sont positionnés avec une bienveillante politesse, mais sans dynamisme aucun, par les habitants du territoire : autour de 6/10 sur l’axe de ressenti, penchant vers 5/10 sur l’axe horizontal
d’importance pour l’avenir. Ces éléments idéaux typiques de définition et de caractérisation culturelle du territoire restent nécessaires, mais ils ne sauraient être considérés suffisants. Toute la question reste donc de savoir comment dynamiser les items de la terre d’Histoire, pour que l’Hier et l’Aujourd’hui aillent de concert : pour que le patrimoine envahissant devienne un patrimoine partagé. Nous proposons, en termes de positionnement, de quitter la rhétorique de la terre d’Histoire collective pour aller vers celui de la terre d’expression individuelle : une terre de caractère, un écrin privilégié marqué par son élégance et le soin qui a été apporté à son édification et à sa transmission à travers les siècles certes, mais dont les habitants aujourd’hui ne sont pas uniquement les héritiers, mais les modeleurs. Quels sont les atouts qu’ils reconnaissent aujourd’hui à leur territoire :
– un territoire de qualité : à travers les châteaux, le Val de Loire, les villes et villages fleuris
– un territoire de loisirs naturels et authentiques placés sous l’égide de la Loire : à travers la Loire à Vélo (mais aussi les activités nautiques), la gastronomie locale, la Sologne, etc., le festival de Loire. L’objectif est donc de promouvoir un territoire des possibles, une terre de liberté et d’expression pour l’individu, afin de contrecarrer l’image actuelle d’un territoire enfermé dans une Histoire collective statique qui mérite d’être renouvelée…
3. Ressources : humaines et économiques
La question phare pour ancrer plus fermement encore le territoire dans la modernité est la suivante : comment se rendre accessible pour mieux attirer ? L’accessibilité doit se lire à deux niveaux : le premier niveau est humain, afin de dépasser le constat souvent exprimé d’un “entre-soi” loiretain peu ouvert sur l’autre ; le second niveau est structurel et économique, afin de rendre le territoire plus accueillant aux nouveaux habitants et aux entreprises.
Comment redonner une ambition humaine et économique au territoire ?
– Ressources humaines : pour renouveler l’image d’un collectif trop conservateur, il faut renouveler et positiver l’image du “vivre-ensemble”, tant les critiques sur la mentalité des habitants sont fortes. La position modérée des items ouverture, solidarité et qualité de l’accueil des nouveaux habitants est éloquente… L’idée est ici de remplacer “l’entre-soi” actuel par un “chez soi” crédibilisé par l’une des qualités du Loiret reconnue par ses habitants : un territoire de bien-être.
– Ressources économiques : les deux problématiques majeures du territoire sont l’accessibilité (aux transports, à la santé, au logement) et l’activité économique à renouveler (travail, jeunes entreprises locales). Outre l’incontournable innovation (R&D, enseignement supérieur et universitaire), qui est espérée dans le territoire loiretain comme dans l’ensemble du pays, l’une des spécificités du Loiret est son attachement aux grandes entreprises, ainsi que sa confiance dans le tourisme vert, d’ordinaire situé plus bas dans nos enquêtes. Deux items propres à l’ADN économique du territoire et à sa promotion dans l’avenir sur lesquels il convient de capitaliser et qui construisent l’image d’un territoire de confiance et de stabilité.
– Un territoire de complément : “le naturel près de chez vous”
Si la centralité est un atout risqué (la perspective de n’être qu’un territoire de passage et non un territoire d’implantation ou de séjour), elle est compatible avec la demande d’accessibilité (LGV POCL) et de proximité (Orléans à 1 heure de Paris) : elle crédibilise le rapprochement entre ce que le territoire “a à dire et à offrir” et les personnes extérieures “disposées à l’entendre”.
Selon ses habitants, le principal atout du Loiret est l’équilibre entre urbanité et ruralité (qualité des paysages, accorder une place à la nature en ville) qui le caractérise. Cet équilibre penche légèrement du côté du naturel avec les items référents forêts ou la Loire, dernier fleuve sauvage d’Europe, qui dominent l’ensemble du mapping. Représentatifs d’un territoire élégant et agréable où l’on peut également se perdre pour mieux se retrouver, le territoire loiretain a les capacités d’endosser un positionnement qui valoriserait l’atout d’un “territoire de complément” qui permet d’avoir “la campagne à la ville” et “la ville à la campagne”. Bref, évasion accessible, territoire d’expression de l’individu dans un cadre privilégié et protégé, le territoire loiretain est un écrin que l’on peut vivre à sa guise : un territoire de réalisation de soi, accessible et à proximité de chez soi. Après tout, l’adage ne dit-il pas “on va parfois chercher bien loin ce que l’on a à portée de la main” ?
L’exemple d’application à un territoire
Une ville, agglomération, département ou région, souhaite connaître son identité vécue par ses habitants. Une enquête “Les mots de” mesurera les
perceptions des mots qui en constituent l’identité. 200 mots sont sélectionnés, puisés dans les publications, la documentation locale ou les interviews d’habitants. Ils renvoient à des lieux, des éléments du patrimoine, des réalisations, des projets, des valeurs, etc., et sont autant de “marqueurs d’identité”.
INSTITUT MÉDIASCOPIE