Qu’une intellectuelle qui défend publiquement un monstre veuille le rencontrer et finisse par se heurter à lui, quoi de plus normal? Les romanciers ne se servent-ils pas de leurs expériences pour nourrir leurs livres? Se rapprocher de Dominique Strauss-Kahn n’était-il pas dans l’ordre des choses pour une Marcela Iacub qui défend avec passion et depuis toujours les réprouvés, les subversifs et les scandaleux?
Lorsque l’affaire DSK a éclaté, , cette juriste, chercheuse au CNRS et essayiste argentine qui vit en France a pris sa défense dans “Une société des violeurs?” (Fayard). Un flop qui lui a permis de s’approcher de DSK, de le rencontrer et de devenir sa maîtresse pendant sept mois au début de 2012.
Un nouveau chapitre du feuilleton DSK
Et cela n’a pas tardé. Le Nouvel Obs a ouvert sur une couverture consternante. Du livre d’une femme qui, telle , une journaliste en situation, raconte, par moments avec talent ce qu’elle a vécu, l’hebdomadaire a fait une nouveau chapitre du feuilleton DSK. Il a sacrifié le livre sur l’autel d’une notoriété sulfureuse. Ses responsables ont vu là une belle occasion de vendre à la criée ce qu’il reste d’un homme à terre. Qu’on le laisse en paix et à la justice! Il a droit, à une vie privée et au respect de sa santé.

Dans “Belle et Bête”, Marcela Iacub ne révèle jamais le nom de son amant. Mais comment ignorer qui est ce “roi des cochons” dont elle adore la fougue avant d’y perdre une oreille? Son nom a vite été hurlé sur les toits médiatiques et l’opération n’a pas tardé à dégénérer en boucherie people.
Etrange démarche que celle de La Belle qui se soumet avec délice au cochon qu’elle rencontre sous l’économiste aux calculs mesquins et le politique, “un modéré sans courage”. Dans un mail adressé à DSK révélé par ses avocats le 26 février au tribunal de Paris où ils tentaient d’obtenir l’interdiction de l’ouvrage, l’auteur évoque des pressions “Des gens se sont servis de moi comme d’un instrument pour te nuire”…. “Mon livre sur ton affaire américaine je l’ai écrit parce que ce sont eux qui me l’ont demandé”.

Du roman érotique dont l’avenir débarrassé des pressions actuelles dira s’il a quelques mérites, nous tombons dans l’énigme et peut -être le sordide. Décidément ce court récit brasse un curieux mélange des genres.
Françoise Cariès
“Belle et Bête” Marcela Iacub
Stock 15€