Devant le stand du Cedus (Centre d’Etudes et de Documentation du Sucre), du matin au soir, il y a une file d’attente. Rien que des bouts de chou et leurs parents. Ces bambins sont impatients de visionner ” les rêveries sucrées d’Ulysse”, un film ludique et pédagogique de sept minutes qui les conduit au coeur du “repas gastronomique des français”une institution inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco.
Bertrand du Cray, directeur général du Cedus, organisme interprofessionnel qui rassemble notamment les acteurs de la filière betterave à sucre explique, “avec ce petit film nous démontrons que le repas à la française, assis , autour d’une table et convivial est le meilleur rempart contre la progression de l’obésité. Les Américains et, de façon générale, les anglo-saxons mangent toute la journée ce qui est mauvais pour les organismes et produit de la graisse. Nous, nous mangeons à heures fixes. Nous préservons ainsi nos équilibres alimentaires”.
A l’issue de la séance chaque enfant se voit offrir une barbe à papa. “C’est gros, c’est énorme mais çà ne pèse pas plus de 5gr de sucre, l’équivalent d’un morceau que l’on met dans le café, soit 25 kg/calories”, dit Bertrand du Cray. En neuf jours de Salon 20 000 enfants en auront profité.
Les betteraves sucrières reines du Loiret et de l’Eure-et-Loir:
C’est sous Napoléon, parce qu’à cause du blocus des Anglais devant nos côtes, la canne à sucre des Antilles ne nous parvenait plus, que la betterave apparaît en France et en Région Centre. Les terres du nord de la Loire, riches et profondes dans un climat tempéré lui conviennent très bien. Elle s’y est installée et n’en est plus partie. Dans le nord du Loiret, près de 4 millions de tonnes de betteraves sucrières sont cultivées sur 11 000ha dans un rayon de 34 km par 550 agriculteurs.
Elles y alimentent les puissantes sucreries de Toury, Artenay et Pithiviers. La sucrerie distillerie d’Artenay, par exemple, produit 77 000 tonnes de sucre blanc, 11 000 tonnes de pulpe pressée, 50 000 tonnes de pulpe déshydrater et 70 000m3 d’alcool brut (bioéthanol). Elle assure un emploi permanent à 185 personnes et recrute 45 saisonniers pendant la campagne betteravière. Il faut y ajouter les emplois induits dont un grand nombre de transporteurs.
La filière ne connait pas la crise car la consommation de sucre ne baisse pas, même si l’usage du sucre de bouche, en utilisation directe,a baissé.Elle s’est déplacé vers les industries alimentaires. Les sondages montrent que chaque Français absorbe ,d’une façon ou d’une autre, 25 kg de sucre par an. Par ailleurs, la France est devenu le premier producteur mondial de bioéthanol de betterave.
La betterave rouge
Cette cousine de la betterave sucrière, qui possède sa propre filière, a trouvé sa place dans notre gastronomie. Elle est cultivée sur 1 000 hectares dans le Loiret qui en est le premier producteur de France. Il en commercialise 50 tonnes qui sont traitées, cuites et mises en sachets par cinq cuiseurs. Trois sont à Saint-Benoît sur Loire, un à Saint-Aignan des Gués, un autre à Chécy. Il y a une dizaine d’années cette production a été mise en péril par une maladie. Sauvée et rendue plus robuste à la suite de recherches et de l’apparition de nouvelles variétés, elle s’exporte à 30% dans les pays limitrophes et depuis trois ans s’expose sur le stand de la région Centre au Salon de L’Agriculture.
Françoise Cariès