
Isabelle Klinka-Ballesteros, conservatrice en chef des musées d’Orléans et commisssaire de l’exposition (photos Patrice Delatouche).
Impressionnante et sensible rétrospective de dessins et peintures . Depuis le 28 février et jusquau 2 juin prochain, le musée des Beaux Arts d’Orléans ouvre ses cimaises au peintre Gérard Schneider, un proche d’Hartung et de Soulages né à en 1896 près de Neuchatel (Suisse) et décédé à Paris en 1986.
Quelque cinquante œuvres exposées grâce au concours de la famille, de collections privés et des éditions, des expressions contemporaines sont ainsi présentées dans un établissement où le mouvement de l’abstraction lyrique est bien représenté via les oeuvres de Debré, Mathieu, Viera Da Silva ou Zao Wouki. Dimanche, Isabelle Klinka – Ballesteros , conservatrice en chef des musées dOrléans et commissaire de l’exposition a passionnément présenté au public cette peinture « qui parle de vie, pleine de flamboyance et de jeunesse ».
Habilement chronologique, cette exposition comprend cinq périodes reprises de l’étude de Michel Ragon consacrée en 1998 à Schneider. Voici un bel ouvrage, somme imposante disponible aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts dOrléans qui invite à découvrir les années d’apprentissage, les années décisives, les glorieuses, puis les années « lumière » et les années sereines à la fin desquelles « s’abstrait » le peinte le 8 juillet 1986.
« Si une musique me touche, m’émeut, alors j’ai compris quelque chose »
Ici, on se félicitera de limportance de la relation entre peintre et musique que célèbre cet accrochage. Isabelle Klinka-Ballesteros souligne cette correspondance dans sa préface du catalogue : « Couleur et mouvements jaillissent au rythme du pinceau sur la toile. Une originalité apparaît à partir de 1945 : les titres de ses compositions sont remplacées par des numéros d’opus traduisant bien la volonté musicale de la touche et le rôle accordé à la musique dans la création du peintre ».
Et l’historienne d’art de poursuivre, en citant Gérard Schneider lui-même : « Il faut voir la peinture abstraite comme on écoute la musique, sentir lintériorité émotionnelle de l’œuvre sans lui chercher une identification avec une représentation figurative quelconque. Ce qui est important, ce n’est donc pas de voir l’abstrait, c’est de le sentir. Si une musique me touche, m’émeut, alors j’ai compris quelque chose, j’ai reçu quelque chose ».
Quant à Michel Ragon, critique dart, historien de l’architecture et écrivain : « Lorsque Schneider pose le pinceau sur la toile, cest comme sil plaquait un accord. Ensuite le thème naît et sorchestre. Il travaille directement dans la couleur. Sa pâte est très riche. Elle ressemble parfois à des coulées de lave. Parfois elle prend la rutilance de l’émail ; violence , tumulte et dynamisme sont les caractéristiques de cette œuvre qui tend au paroxysme, c’est-à-dire au pathétique ».
Quant à Gérard Schneider , qui était aussi pianiste : « Je tends essentiellement à une peinture où toutes les parties sintègrent dans un tout orchestral ».
« Ondes de lumière » avec Chara Iacovidou et Raphaële Sémezis
Etabli en lien avec madame Loïs Schneider, veuve de lartiste, le programme des deux interprètes rassemble des œuvres de Beethoven (douze variations sur Ein Mädchen oder Weibchen de La flûte enchantée de Mozart pour violoncelle et piano), Bach( extraits de la Suite n°3 pour violoncelle seul), Anton Webern (Trois petites pièces opus 11 pour violoncelle et piano), Mozart (Neuf variations sur un thème de Duport pour piano seul), Debussy (Sonate pour violoncelle et piano).
Une peinture qui se regarde et qui sécoute
Jean-Dominique Burtin.
« Gérard Schneider Rétrospective » ( exposition annoncée par une reproduction d’Opus 70 G datée de 1965). Jusquau 2 juin, Musée des Beaux-Arts, 1, rue Fernand Rabier, Orléans. Tous les jours sauf lundi de 10 heures à 18 heures. Fermé les 1er et 8 mai. Tarif : 5 (3 TR). Gratuit le premier dimanche de chaque mois
Visites guidées et visites ateliers pour les scolaires
Contacts : 02.38.79.21.55.
Sites Internet :http://orleans.fr (rubrique culture/musee) ; www.musees.regioncentre.fr