L’état de grâce est bel et bien enterré à gauche. Il avait déjà pris quelques coups de canifs depuis l’été. Cette fois avec, entre 1 300 et 1 500 manifestants hier dans les rues d’Orléans, contre “l’accord sur la sécurisation de l’emploi”, le bras de fer est engagé entre le gouvernement et la CGT, FO, FSU et Solidaire, les syndicats organisateurs. Pour les manifestants, l’ANI (Accord national interprofessionnel) signifie une attaque sans précédent contre le code du travail.
Lundi à Blois, Michel Sapin qui serrait de près le Président de la République, venu justement défendre et illustrer la cohérence de ses mesures contre le chômage, n’a pas dit un mot sur le sujet. En revanche Maurice Leroy, qui adore les caméras surtout braquése sur lui, a fait le buzz médiatique en annonçant que l’UDI votera le projet du gouvernement, lorsqu’il viendra au Palais Bourbon.
Mercredi en conseil des Ministres
Un accord signé par la CFDT, la CGC et CFE avec le Medef (le patronat) qui tend à plus de flexibilité pour les entreprises (avec une judiciarisation des procédures de licenciement ) en période de crise, et plus de protection pour les salariés, dont l’obligation pour les entreprises de cotiser pour la moitié dans les mutuelles salariales (ce qui était déjà le cas pour nombre de sociétés). Projet de loi qui sera examiné mercredi en conseil des Ministres.
Manifestation syndicale classique partie du Martroi et retour Charles de Gaulle, sans beaucoup d’ambiance mais avec quand même une “belle internationale” dans la sono du car FO, mais qui montre la montée du mécontentement des salariés. Avec tout de même une interrogation sur la composition du cortège: pourquoi les manifestant sont-ils pour la plupart issus de la fonction publique alors que le projet de loi que le Parti de gauche et le PC tenteront d’amender au Parlement, concerne le secteur privé?
Ch. B
Publié le 5 mars 2013