Musique de chambre à donner le frisson à Orléans
Joli succès jeudi et samedi, à Orléans pour deux concerts d’exception faisant la part belle à la musique de chambre. Jeudi, la violoncelliste Raphaële Sémézis et la pianiste Chara Iacovidou rendent tout dabord un hommage musical, à l’auditorium du musée des Beaux-Arts, au peintre Gérard Schneider. Beethoven, Bach, Webern, Mozart, Debussy sont au programme d’un instant empli délégance, de fluidité cristalline et de profondeur. Quelques « Opus » du peintre sont projetés en toile de fond. Y compris l’oeuvre ultime devant laquelle les deux artistes donnent en rappel le mouvement lent de la sonate de Rachmaninov. L’instant est émouvant.
A l’Institut, un décor du plafond se détache lors du concert
Samedi soir, cette fois à l’Institut, c’est un remarquable programme « Schubert et la guitare » qui permet d’écouter Gérard Abiton, précieux chef de file de la guitare en France et enseignant notamment au conservatoire d’Orléans. D’emblée le maître nous saisit par un « Lob der Thranen » (« La vallée des larmes »), lied d’une infinie sérénité où se déploie sous les doigts de l’artiste une corolle de lueurs douces.
Beau quatuor ensuite pour guitare, flûte (Pierre Baranger), violoncelle (Raphaële Sémézis), alto (Jean-Philippe Bardon que l’on retrouvera aussi sur la Sonate Arpeggione). L’œuvre est magistralement interprétée, le public demeure suspendu à l’interprétation alors qu’en raison du frémissement musical ou, plus surement, de la vétusté de la salle édifiée 1841, une petite mais conséquente partie du décor du plafond tombe sur des fauteuils heureusement vides. Le fracas est immense, les musiciens ne cillent pas, le concert se poursuit.
Sur le champ, pour de légitimes raisons de sécurité, ville et conservatoire ont décidé d’annuler et de reporter à une date ultérieure le concert qui devait être donné ce dimanche par le choeur symphonique d’Orléans avec Daphné Corregan en soliste. Peut-être est-il à craindre que la saison de L’Institut, particulièrement attractive cette saison, ne soit remise en cause.
Jean-Dominique Burtin.