Thierry Guérin, poète et journaliste orléanais, n’est plus

GUERIN (1)C’est avec infiniment de tristesse que nous avons appris le décès de Thierry Guérin, journaliste et auteur orléanais dont les articles ayant trait à la culture étaient toujours extrêmement attendus , des années 1980 à 2008,  dans les colonnes du quotidien régional La République du Centre.  Passionné de théâtre et de littérature, amoureux de la peinture, ouvert à toutes les formes  d’expression, Thierry Guérin faisant montre envers chacun d’une écoute généreuse, attentive et scrupuleuse. Son style était limpide et intense. “En vérité” était l’une de ses formules d’écriture favorite qui témoignait d’un attachement indéfectible à traduire  le propos et l’intention de son interlocuteur.  Humble et enthousiaste, sincère et franc,  cultivé et toujours en recherche, Thierry Guérin interrogeait aussi sans cesse cette profondeur douloureuse de la vie qui l’interpellait. Bien des écrits de ce journaliste ont accompagné et accompagnent aujourd’hui encore le parcours de nombreux artistes. Voici quelques lignes de ce poète écrites en 1994 à l’adresse du peintre et sculpteur orléanais Roger Toulouse:  “Les toiles de Roger Toulouse sont des œuvres de visionnaire, sorties d’on ne sait quel songe lointain. Elles sont la voie et le recours, le chant et la prière. Elles sont la lumière fragile qui nous guide au cœur la nuit”.

Jean-Dominique Burtin.
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Thierry est mort comme il a vécu. Seul, dans son coin. En marge. Personne n’en n’a parlé, alors que son départ final date de plus d’un mois. Thierry comme tous les écorchés vifs, les révoltés de l’intérieur, était un vrai talent. Il l’avait mis au service du journal, embauché par Marc Carré, l’ancien patron de la Rep. Celui-ci l’avait confié à Françis Bonnet qui, à l’époque, dirigeait les suppléments magazines. Alors, Thierry Guérin avait donné le meilleur de lui. En reportage en pays culturel, patrimonial, Thierry trouvait là son Graal, la bride sur le cou, libre, avec sa belle écriture rehaussée de son humour en demi-teinte. Plus tard, lorsque le “grand reportage” est devenu un gros mot, Thierry s’est lamenté avec moi parce que la presse de “terrain” agonisait au profit du journalisme de desk.
A la rubrique culture, Thierry Guérin s’est défoncé jour et nuit au service des causes qu’il défendait. Pas en militant, en esthète. Comme les poètes maudits, il a aussi versé dans les excès et l’a payé cher. Lorsqu’il a quitté le journal, il y a quelques années, Thierry n’aimait pas cette époque. Comment l’en blâmer?
Lorsque Magcentre est né il y a un an, j’ai voulu l’associer à notre aventure. Alors en traitement, il m’avait demandé d’attendre un peu…Salut l’artiste, tu méritais mieux.
Christian Bidault

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