
2- Manufacture Denbac, Vase, première moitié du XXe siècle, grès, Musée municipal, Vierzon.
“Heureusement qu’il y a les donateurs…”. La réflexion est d’ Isabelle Klinka la conservatrice du musée d’Orléans qui comme ses 62 homologues de la région Centre (et d’ailleurs) tire le diable par la queue pour acquérir des œuvres. Pour autant un fond régional existe, le FRAM (Etat-région) et il fait le maximum, 260.000 €, bon an mal an.
Des “petits” musées, comme Artenay (Loiret) ou Mehun-sur-Yèvres (Cher) aux grandes institutions que sont les musées de Tours et d’Orléans, les 28 principaux de la région ont bénéficié de ces enrichissements.
Ils ont décidé de mettre à l’honneur les œuvres entrées dans leurs collections ces dernières années. Dans un bel ouvrage réalisé par l’Association des personnels scientifiques des musées de la région Centre (disponible sur le site http://www.musees.regioncentre.fr), le lecteur pourra découvrir la plupart des pièces nouvelles achetées depuis 1998 avec l’aide du Fonds régional d’acquisition pour les musées (FRAM), financé par l’Etat et la région.
Les bottes du Compa

Papouasie-Nouvelle-Guinée, Ornement buccal « Pao », début du XXe siècle, musée de lhospice Saint-Roch, Issoudun.
On y trouve par exemple au Compa (à Chartres) qui a récupéré les collections des musées de Niort et de Montpellier les fameuses bottes de sept lieux, un fauteuil et une chaise XVIIIe provenant du château de Chanteloup, acquis par le musée des Beaux-Arts de Tours, un très beau tableau de Lorenzo Veneziano qui fait partie d’un retable dont le musée possède déjà une partie, ou encore une aquarelle du peintre voyageur Jean-François Cassas. A Châteauroux, le musée s’est davantage centré sur la céramique, tandis que le musée de l’Hospice Saint Roch à Issoudun a enrichi sa collection d’art contemporain, avec des œuvres de Fred Deux, Cécile Reims, José Hernandez, Pierre-Martin
. Orléans pour sa part , le musée des Beaux arts a été enrichi de sculptures de Gaudier-Breska, d’une œuvre d’Olivier Debré. Au musée historique et archéologique de l’Orléanais, des flacons de Bernard Perrot, des cuillères à moelle du XVIIe ont été achetés. A Blois, le musée du château royal a acquis en 2012 une rare tapisserie du XVIe siècle, réalisée par un atelier parisien d’après un modèle flamand.
“A 140.000 euros, c’est l’une de nos acquisitions les plus chères, et nous n’aurions pas pu le faire sans l’aide du FRAM”, se réjouit le conservateur adjoint Pierre Gilles Girault.

Anonyme français, Console, entre 1747 et 1750, bois sculpté et peint, marbre, musée dart et dhistoire, Dreux.
Baisse des s subventions
Les musées, comme d’autres institutions publiques, sont dans une situation financière de plus en plus tendue. Les collectivités réduisent les subventions alors que les prix s’envolent sur le marché de l’art.
A Châteauroux, le budget des acquisitions a ainsi été divisé par deux et à Tours, les crédits d’investissement sont passés de 100.000 à 40.000 euros depuis deux ans. “Compte tenu de la nécessité de procéder à des restaurations prioritaires, je ne suis pas sûre de pouvoir à l’avenir acheter une œuvre intéressante et je risque de devoir mettre les acquisitions en stand by”, déplore la directrice Sophie Join-Lambert. D’où l’intérêt, pour les musées, de pouvoir solliciter le FRAM, qui, avec ses 260.000 euros annuels, peut financer jusquà 80% du coût d’une oeuvre dart.
Ch.B