Le Premier ministre a rencontré la presse parlementaire. Magcentre participait à ce point presse. En voici la relation. Le Premier ministre a répondu à Claude Bartolone, le président de l’Assemblée, défavorable à la publication du patrimoine des Parlementaires, et rappelle à ceux qui le voient quitter Matignon, qu’il y a quelques semaines, quelques uns donnaient Jérôme Cahuzac comme son successeur.
– La situation économique n’est pas bonne. Croyez vous pouvoir tenir les objectifs auxquels le gouvernement s’est engagé et grâce à quelle politique ?
Jean-Marc Ayrault. “Nous avons lancé le chantier de la modernisation de l’action publique, de la simplification, de regroupements d’organismes, je pourrais faire la liste, une liste à la Prévert. La question est, à laquelle vous devez vérifier s’il y a une réponse,est-ce que, quand nous annonçons des économies, nous les faisons? Nous l’avons fait pour 2012. En 2013, nous tiendrons nos objectifs d’économies en ce qui concerne les dépenses. Sagissant de 2 014, on prévoit même de présenter pour la première fois un budget, cela ne s’est jamais fait, en baise d’1,5 milliard. Les économies, il faut bien les faire, et bien on les fera. C’est une politique de gauche, qui est une politique de la réforme, qui n’est pas une politique de l’incantation, pas une politique du laisser-faire, qui est une politique de justice, et c’est ça la préservation du modèle français.
Plusieurs politiques sont possibles, la nôtre, la libérale qui nous est demandée par les ultra-libéraux, la troisième réclamée par les extrême qui aboutit à la sortie de l’euro. Nous serons jugés à la fin du quinquennat.”
– Le projet de loi transparence sera présenté au conseil des ministres le 24 avril. Il suscite des inquiétudes chez les élus?
Jean-Marc Ayrault. “Les députés ont des marges de manuvre puisque ce sont eux qui votent la loi.. Avec ce qui a été fait par les membres du gouvernement dans une logique d’exemplarité, chacun doit être rassuré. Les Français nous regardent et quand le président de la république annonce de la transparence dont il faut définir les modalités je pense qu’il ne faut pas décevoir les Français.”
Pensez-vous qu’il faille supprimer la réserve parlementaire d’un montant total de 150 millions d’euros (90 millions pour les députés, 60 millions pour les sénateurs) comme le demandent certains?
Jean-Marc Ayrault. “Cela relève des assemblées. Elles ont déjà pris des dispositions d’amélioration, de transparence. Si les présidents des assemblées veulent prendre des initiatives pour aller plus loin, libre à eux”.
– Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale aurait, parait-il, l’espoir de vous remplacer?
Jean-Marc Ayrault. “Pour être au gouvernement il faut publier son patrimoine , or Claude Bartolone a exprimé à plusieurs reprises son opposition à la publication du patrimoine des élus. Non , je plaisante. J’ai beaucoup de respect pour le président Bartolone. Je ne suis pas dans le coup d’après en ce qui me concerne. Je consacre mon énergie, tout ce que j’ai en moi , au service du redressement du pays. Pour l’anecdote, pour méditer les choses, il y a quelques mois, on tressait des lauriers à Jérôme Cahuzac et, un journal de référence,disait “voila un prétendant sérieux à la succession de Jean-Marc Ayrault”.
– Les opposants au mariage pour tous se radicalisent….
Jean-Marc Ayrault. “Je voudrais quand même qu’on prenne un peu de recul, qu’on relativise un peu les choses. Il y a une avancée. Il y a toujours des résistances quand on veut changer les choses, parfois des peurs mais le jour où c’est voté je crois que ça finit par être accepté. 1967 et la loi Neuwirth, 1974 et la loi Veil. Dans ce dernier cas c’était violent, c’était haineux, mais est-ce que la société ne s’est pas ensuite apaisée? J’aimerais un peu de raison garder. Est-ce que le mariage pour les homosexuels et l’adoption enlèvent quelque chose à quelqu’un? J’en appelle à la responsabilité des opposants, qu’ils ne se laissent pas entrainer comme ils ont tendance à le faire dans la voie de la radicalisation qui serait dangereuse pour la république”.
Françoise Caries
Publié le 18 avril 2013