
Les premiers contrats de génération, un des outils contre le chômage, ont été signés à Blois. (Archives).
Jeudi à 16 heures , l’immense salle des fêtes de l’Elysée est pleine à craquer: 398 journalistes dont 157 représentants de la presse étrangère se sont faits accréditer.Télévisions et radios sont en embuscade attendant au tournant le chef de l’état, comme tout le pays.
Côte de popularité en berne, opposition vent debout, majorité divisée et perplexe, le président de la République arrive à son grand oral avec huit minutes de retard. Peu avant, le gouvernement au grand complet, le premier ministre en tête, a pris place sur la droite de la tribune présidentielle.
François Hollande part aussitôt à l’assaut de son vaste auditoire avec un discours de 42 minutes, le double du temps initialement prévu. Offensif sur la forme, très européen sur le fond, il montre qu’il tient les rênes de l’Etat, que ce rôle lui revient et qu’il l’occupe pleinement. Qu’on se le dise, la page de la première année de son quinquennat annus horibilis, est tournée: “on est entré dans l’an II de l’offensive” contre la récession et cela ne peut se faire sans l’Europe. “Ma responsabilité c’est de sortir l’Europe de sa torpeur, avec un gouvernement économique se réunissant tous les mois, avec un plan pour l’insertion des jeunes, une communauté énergétique et d’investissement à bâtir….
Il faut bâtir cette nouvelle étape“. Que va répondre à ses propositions l’Allemagne ainsi interpellée?
Le temps des questions
Puis vient le temps des questions. La première revient sur une déclaration récente de Laurent Fabius , s’insurgeant sur “un manque de tête à Bercy. Tandis que le ministre des Affaires étrangères, mal à l’aise, s’agite sur sa chaise, le Président affirme qu’il “n’est pas là pour couper des têtes”. Une journaliste ayant avancé très fort le nom de Montebourg, celui-ci lance à voix haute que la sienne “est solide sur ses épaules”. Le président , lui, profite de la situation pour rappeler fermement qu'”il ne doit y avoir qu’une seule ligne au gouvernement”. Interrogé sur un imminent remaniement, il précise “un remaniement c’est possible mais pas aujourd’hui, pas maintenant” avant de renouveler sa confiance au premier ministre.
Au grès des questions qui sont filtrées par le responsable de la communication, Christophe Gravel ,le président de la République annonce un plan d’investissements sur dix ans, l’ouverture des emplois d’avenir au privé, une réforme des retraites avec allongement du temps de travail, des formations pour les chômeurs et le report du débat sur le vote des étrangers après les municipales .
Le record toujours pour Mitterrand
Récession, emploi, pouvoir d’achat, droits sociaux, désaveu de Cahuzac, Mali, Syrie, le balayage finit par devenir fleuve. Les ministres Michel Sapin, Christiane Taubira, Vicent Peillon et Yasmina Benguigui s’éclipsent discrètement. A 18h40 soit au bout de 2h et 37 mn, 3mn avant le record de durée pour une conférence de presse toujours détenu par François Mitterrand avec 2h40, François Hollande lève la séance , donne rendez-vous dans six mois et s’en va retrouver à l’abri de la presse les parlementaires de sa majorité à la Maison de l’Amérique latine.
C’est un homme qui affirmé son cap qui se présente devant eux mais disposera-t-il d’assez de puissance dans le moteur pour le tenir jusqu’au bout? A gauche comme à droite les extrêmes ne le croient pas, l’UMP le nie et les Français attendent toujours dans la morosité de voir.
Françoise Cariès
Publié le 17 mai 2013