François Bonneau, le président (PS) de la région Centre réagit à la disparition de l’ancien Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Mauroy.
“Japprends avec une grande tristesse la disparition de Pierre Mauroy.
Avec son départ, se tourne une page essentielle de notre histoire politique. Homme de convictions, Pierre Mauroy a incarné larrivée de la gauche au pouvoir. Il a marqué notre démocratie du sceau de la décentralisation qui a profondément recomposé lorganisation politique et administrative de notre Pays.
Pierre Mauroy aura incontestablement ouvert la voie à de grands progrès sociaux qui constituent encore aujourdhui le socle de nos solidarités.
Attaché à la défense du service et de laction publics, Pierre Mauroy était un homme profondément respecté bien au-delà des clivages politiques.

François Bonneau, lors de la manif de jeudi soir à Orléans.
Aujourdhui, mes pensées les plus chaleureuses vont à sa famille et à ses proches et tout particulièrement à mon amie Martine Aubry qui a toujours su porter dans sa ville, dans sa région et bien au-delà les valeurs que Pierre Mauroy avait incarnées.”
Pour Corinne Leveleux-Teixeira, candidate (PS) à la mairie d’Orléans, “Celui qui fut chargé de « mettre du bleu au ciel » a prouvé à tous et toutes quà force de détermination, on pouvait construire et avancer. En faisant de la capitale dune région durement frappée par la crise économique, lune des grandes villes qui font la fierté de la France, lune des références des villes européennes, Pierre Mauroy laisse à la Gauche, aux femmes et aux hommes de progrès, un héritage à revendiquer. Cest à la fois une figure du socialisme et un grand républicain qui disparaît. Sa vision généreuse et fraternelle de lhumanité reste pour nous tous une référence et un modèle.”
Pour la députée (PS) du Loiret, Valérie Corre, “Pierre Mauroy, homme dEtat, grande figure du Parti Socialiste, de la Gauche et du Nord, incarnait, avec humanité, les valeurs de solidarité.
On ne peut oublier dabord que cest sous son Gouvernement que Robert Badinter porta labolition de la peine de mort. De son action de Premier Ministre aux côtés de François Mitterrand, dans la continuité de la victoire historique de 1981, on retiendra bien sûr de grandes conquêtes sociales : passage aux 39 heures, cinquième semaine de congés payés, retraite à 60 ans, instauration du remboursement de lIVG, radios libres…
On se rappellera aussi quil y a plus de 20 ans, il ouvrit la voix vers les premières grandes lois de décentralisation.”
Pour le sénateur du Loiret, Jean-Pierre Sueur, originaire du Nord,
“Pour en avoir été souvent le témoin, je puis écrire que si Pierre Mauroy a autant marqué, cest dabord en raison de la bienveillance qui était la sienne à légard de tous ceux quil côtoyait. Il ne reniait pas ses idées. Il les défendait avec force. Mais il ne blessait pas, nhumiliait pas ladversaire politique qui, pour lui, nétait jamais un ennemi.
Combien de fois ma-t-il parlé de ma famille, de mes proches, de nos projets, de ses soucis et de ses espoirs ? Il le faisait simplement, naturellement.
Il est une seconde raison qui explique que Pierre Mauroy ait autant marqué. Elle tient à son enracinement dans la réalité humaine, ouvrière, socialiste, du Nord. Je revois cette photo qui le montre revenant dans la petite commune où il a passé son enfance, Haussy, après avoir été nommé Premier ministre. Tous les habitants sont là, autour de lui, avec lui. Il est avec eux. Il connaît les ouvriers, les mineurs, les femmes qui viennent chaque matin très tôt des communes minières pour travailler dans les lainières de Roubaix. Il porte en lui toute une histoire sociale. Quand il parle des « gens du château », il sait bien ce que cela signifie. Et quand dans sa dernière intervention au Sénat il parle de la retraite à soixante ans et des ouvriers qui en patois ne pouvaient plus « arquer », cela sonne juste, même si Pierre Mauroy il le dit sait que lon vit désormais plus longtemps, mais aussi que lespérance de vie nest pas la même selon la tâche accomplie.”