Les chairs nues des femmes de Laurent Robillard n’ont pas de visages ! Ces corps anonymes sur fond noir renvoient une lumière crue, une lumière cruelle qui sculpte des formes comme au scalpel. La lingerie monochrome introduit dans la photo l’objet du désir, et l’érotisme surgit dans cette tension entre la cruauté et le désir.
Ces tirages photos de très petites dimensions obligent lil à s’approcher au plus près de la scène représentée impliquant le voyeurisme du spectateur, renforcé par la proposition d’utiliser des lampes de poche pour mieux voir (ce rapport intime à l’image ne peut évidemment être illustré par des photos dans cette article, à vous d’aller y voir !)… Suprême ironie de l’auteur, les planches photographiques sont emballées dans du papier cellophane ou présentées sous formes de “magnet” à coller!
Ces “objets” photographiques sensibles, même s’ils ne sont pas nouveaux dans la production originale de Laurent Robillard, nous renvoient toujours à la question dérangeante (choquante pour certain(e)s ?) de la représentation du corps dans sa beauté “dénaturée” par l’art photographique…
La froide esthétique des céramiques d’Hélène Stéfanica qui complètent cette exposition, ne peut que renforcer la perception du visiteur de la différence entre art et décoration. Dommage…
Gérard Poitou
Exposition Hélène Stéfanica- Laurent Robillard
du 14 septembre au 6 octobre
Ouverture: du 18 au 22 septembre de 14h à 19h,
ensuite le samedi et dimanche de 14h à 19h ou sur rendez-vous.
Galerie Quai 56 – 56, quai du châtelet 45000 ORLEANS
tel: 09 53 76 67 26 ou 06 25 64 39 01
mail : dupuisferranddominique@yahoo.fr
site: www.galeriequai56.fr