Dans ses vœux de bonne année, le maire (Les Républicains) de Saint-Amand-Montrond, Emmanuel Riotte, se réjouit de l’augmentation du nombre des habitants de sa commune. En effet cette petite ville du Cher voyait sa population chuter régulièrement depuis les années 1990. D’après les chiffres de l’INSEE, de 12 451 habitants en 1982 elle n’en avait plus que 9 690 au recensement de 2022. Cette régression s’arrête enfin, et dans son message Emmanuel Riotte annonce fièrement : « Nous sommes officiellement 10 201 Saint-Amandois selon les chiffres de la population qui entreront en vigueur au 1er janvier 2026 ».
À l’évidence cette croissance démographique n’est pas suffisante puisque son Conseil municipal a décidé d’accorder une prime de 1 000 euros aux futures mamans qui accepteraient d’accoucher dans la maternité de la ville. La municipalité de Saint-Amand-Montrond espère que cette prime va attirer des parturientes et sauver la maternité. Comme nombre de petites maternités, qui ont trop peu d’accouchements, celle de Saint-Amand-Montrond est menacée de fermeture en lien avec un décret pris en 1998.
Cette initiative promotionnelle a provoqué la colère de quatre sociétés savantes médicales qui dénoncent cette prime dans un communiqué commun : « Nous craignons qu’à l’approche des échéances électorales, la démagogie ne l’emporte définitivement sur la sécurité des femmes et des nouveau-nés. Car les petites maternités ne répondent pas à tous les standards de soins que les Français sont en droit d’attendre au XXIe siècle ». Ces professionnels de l’obstétrique, exerçant dans de grandes villes, oublient qu’un grand nombre de parturientes ne peuvent plus accoucher près de leur domicile mais doivent prendre le risque de parcourir des dizaines de kilomètres avant de parvenir dans les grandes maternités où ils exercent…