Ils ont été les pionniers de la chips à la ferme. Loin des volumes et des standards industriels, Clémence et Matthieu Maisons ont fait le choix, il y a 10 ans, de se lancer dans la production d’une chips agricole saine, gourmande et respectueuse de l’environnement. Avec un Nutri-Score B qui apparaîtra sur ses sachets dès cette année, Belsia est l’une des rares chips à concilier plaisir gourmand et responsabilité.
Il faut 4 kg de pommes de terre pour produire 1 kg de chips. Cultivées en Beauce, celles de Matthieu Maisons sont en culture raisonnée. Photo Belsia
Loin de la production industrielle, les chips Belsia sont plus épaisses et cuites au chaudron. Photo Belsia
Par Estelle Boutheloup.
Trop grasse, trop salée, trop industrielle… la chips est loin d’être la meilleure amie des médecins et des nutritionnistes. Et pourtant, les Français en consomment près de 4 kg en moyenne par an selon les chiffres d’Intersnack rapportés par Capital.fr, soit +1,2% par rapport à 2024. Mais si elles devenaient gourmandes, saines et durables ? « Avec un vrai goût de pomme de terre, comme les chips maison de ma grand-mère ! », se souvient Matthieu Maisons. Céréalier et producteur de pommes de terre avec son épouse près d’Allonnes en Beauce (Eure-et-Loir), le couple a pris le contre-pied du système agroalimentaire en lançant, il y a 10 ans, les chips à la ferme sous la marque Belsia. « Des chips cuites lentement au chaudron dans une huile de tournesol française, par petits lots, avec un choc thermique plus doux que la cuisson industrielle, 50% plus épaisses que les chips classiques, moins salées (Nutri-Score B), et travaillées avec les ingrédients les plus naturels possibles et des matières premières françaises », explique Matthieu.
Après une production de 2 000 paquets par semaine en 2016 et des intégrations tests dans quelques magasins en plus de la vente à la ferme, la production atteint aujourd’hui 1 000 paquets par heure ! « Si ça ne se vend pas, je te les rends, m’avait dit un gérant de magasin. Le jour du lancement, il a vendu 20 paquets en une heure ! » Seule marque, à l’époque, sur ce marché de la chips à la ferme, Belsia a été rejointe par une petite dizaine de fabricants en France. « C’était un créneau novateur, la chips premium n’existait pas encore. » Et l’idée d’y associer le meilleur du terroir français, sans additif inutile, a fait son chemin : sel de l’île de Ré et Guérande, chips au piment d’Espelette, aux herbes de Provence, oignons grillés, ail et basilic, Roquefort, citron et poivre, curry de la Réunion, au vinaigre Martin Pouret, à la truffe (Europe) et au chocolat pour Noël et Pâques !
Une rare chips « nutri-scorée »
Sans chercher à réhabiliter la chips, Clémence et Matthieu ont choisi de jouer la carte de la transparence et de montrer qu’il n’est pas impossible de produire une chips avec rigueur agricole, respect du consommateur et de l’environnement. « La chips responsable ne commence pas au sachet mais dans le champ », soulignent-ils. Un champ où la production de pommes de terre se fait sur la base d’une « agriculture raisonnée, avec un traitement anti-germinatif bio à l’huile de menthe et une sélection de la variété Lady Claire qui se conserve bien, croustille bien et ne caramélise pas à la cuisson », commente Matthieu. Une démarche globale, où chaque étape est maîtrisée de la culture au conditionnement, qui a dès lors incité la marque à afficher un Nutri-Score B sur ses paquets, un classement rare dans l’univers de la chips.
Pionnier de la chips à la ferme, Belsia propose des saveurs issues de produits français (piment, ail, basilic, Roquefort…) Photo Belsia
Moins salées, moins grasses, sans additif… En 2026, les chips Belsia afficheront sur les paquets un Nutri-Score B. Photo Belsia.
Avec une production aujourd’hui d’environ 300 tonnes de chips par an, la PME beauceronne envisage la construction d’un nouveau bâtiment pour tripler sa production et l’acquisition d’une nouvelle ligne plus productive sans pour autant déroger à son approche artisanale et qualitative. « Notre part du chiffre d’affaires est supérieure avec la chips qu’avec la partie agricole », confie Matthieu. Signe que la star des pique-niques, apéros et barbecues a su se frayer un chemin dans les rayons des grandes surfaces d’Île-de-France et du Centre-Val de Loire, des épiceries et ventes à la ferme, et donner ses lettres de noblesse à l’un des produits de consommation les plus populaires.
Rubrique parrainée par CODIFRANCE