Après l’EP Grand galop sorti en 2024, le groupe Grife revient sur le devant de la scène avec la sortie de son premier album Sœur d’oranger. Un album engagé et plein d’humour, aux harmonies vocales enjôleuses, qui transporte l’auditeur dans un voyage entre douceur, mélancolie, rage et profondeur. Rencontre avec le duo orléanais pour parler création, accouchement, hyperactivité, mais pas que…
Diane et Victoria toutes Grife dehors pour défendre Sœur d’oranger. Photo O. Joriot
Par Olivier Joriot.
On retrouve les deux Orléanaises à Polysonik, en pleine répétition en vue de leur « release party » prévue le vendredi 13 février. Chapka vissée sur la tête pour Diane, longue écharpe multicolore enroulée autour du cou pour Victoria, les deux artistes s’installent dans le coin cuisine.
Un apprentissage à vitesse grand V
Diane est la percussionniste du groupe, spécialisée dans le tom basse et Victoria (Tori pour les intimes) fait vrombir la basse.
Grife existe depuis 2022, moment où, entourées de garçons qui faisaient de la musique entre eux, elles ont jugé pertinent de faire un truc ensemble, de former un groupe de filles. Grife avec un seul F, « comme une toute petite griffe qui serait à la fois, et selon la situation, douce ou méchante » précise Victoria.
En quatre ans, le chemin parcouru est conséquent : une centaine de concerts, les Balades Chantées et les Francofolies de La Rochelle, le festival des Vieilles Charrues, excusez du peu…
Une formation sur le terrain « qui nous a aidées à prendre confiance, à avoir plus d’assurance sur scène et à mieux se connaître soi-même », avoue Diane. Le passage par le chantier des Francos a aussi permis au duo de progresser corporellement, de perfectionner leur rapport au public et de « trouver un compromis avec le côté naturel et spontané que l’on a », confirme Tori.
Cependant, à l’aube de leur nouveau set sur la scène de l’Astrolabe, Diane et Victoria ont l’impression de repartir à zéro, de tout remettre en jeu.
Grife au Café Pollen des Francos de La Rochelle en 2024. Photo O. Joriot
Un album aux multiples facettes
Là où « Grand galop » était une course effrénée, « Sœur d’oranger » s’annonce plus posé. « C’est un peu comme si Grand galop regardait Sœur d’oranger comme sa grande sœur », précise Victoria. La musique de Grife a mûri, a grandi.
Le nouvel opus s’avère moins brut. Il reflète leurs expériences, leurs combats ou leurs rêves. Le duo orléanais a cherché un souffle punk, mais dans des directions différentes, tout en restant connecté à l’intuition, la spontanéité, la joie et la rébellion qui les caractérise.
Chacun des treize titres de l’album exprime une revendication, une déclamation, un message ayant valeur d’affirmation. Le titre Girlcot développe l’idée d’un dancefloor « safe » pour les femmes, alors que Terminal évoque la séparation, le manque. « On a écrit TGGC (ta gueule gros con) pour dire qu’on a du mal à se faire entendre et qu’on a besoin que ceux qui parlent trop et trop fort se taisent (ils se reconnaîtront) », ajoute Victoria.
Un accouchement prévu le vendredi 13
Grife a choisi le label vendômois Figures Libres pour graver à jamais leur second opus. « Un label local qui soutient le groupe depuis longtemps, qui nous laisse beaucoup de place et qui coche toutes les cases éthiques », souligne Diane. À la différence du support numérique, le format CD ou vinyle a permis aux artistes orléanaises de laisser des petites surprises à ceux qui se laisseront tenter par l’aventure Grife.
Il n’en reste pas moins que pour le duo, l’accouchement de ce nouvel album aura vraiment lieu vendredi 13, à l’Astrolabe, comme pour la sortie de « Grand galop » deux ans auparavant. C’est à cette occasion précise que Diane et Tori vont déployer les 13 titres de Sœur d’oranger.
« Les gens vont réceptionner en live notre travail. On veut avoir la sensation d’avoir tout lâché », confirment Diane et Victoria.

Le duo Grife sort son premier album Soeur d’oranger. (crédit Zofia Zlominska)
Deux filles hyperactives
Comme si Grife ne les accaparait pas assez, les deux vingtenaires parviennent à mener d’autres projets artistiques en parallèle. Sous le nom de Tori, Victoria fait des concerts en solo et participe au projet du trio Xaméléon. Quant à Diane, elle fait quelques dates par-ci par-là, en solo, en dévoilant, au gré de ses concerts, son journal intime.
L’une et l’autre se retrouvent aussi dans des projets d’actions éducatives et pédagogiques. Une idée commune de faire de la musique un outil social, dans la veine de l’éducation populaire. Elles se retrouvent aussi sur l’importance d’aller jouer dans des lieux de fête où les gens se rassemblent. « Des espaces de réseaux, de solidarité, de convivialité, essentiels pour créer du lien social », assure Victoria.
On ne pouvait pas quitter Grife sans tester leur aptitude à répondre rapidement à quelques questions impromptues !
La chanson de Grife qui vous représente le mieux
Diane : « Adieu » parce que j’aime bien partir même si je reviens toujours !
Victoria : « Girlcot » parce qu’elle vire les fanfarons de la scène et vous permet de prendre la place.
Vos talents cachés
D : Je sais danser le tango
V : Je sais jouer du traverso baroque
Le morceau d’une autre artiste que vous auriez aimé écrire ou interpréter ?
Xenia Rubinos « Hair Receding » (artiste multi-instrumentiste américaine)
La chanson que vous ne reprendrez jamais, sous aucun prétexte ?
Michel Sardou « Femme des années 80 »
Quel artiste aimeriez-vous inviter sur votre prochain album ?
Le duo espagnol trad-electro Tarta Relena, deux musiciennes qui posent leurs voix sur des structures rythmiques jouées sur une amphore en céramique.
Le plus beau compliment que vous avez reçu ?
C’est quand on nous dit que nos voix vont très bien ensemble.
Grife sera en concert à l’Astrolabe d’Orléans vendredi 13 février avec le groupe Bacchantes en première partie. Concert qui correspond à la sortie officielle de l’album « Sœurs d’oranger ».
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