Municipales en Loir-et-Cher : Gricourt prend le large avec Orgelet, Lorgeoux voit la fin s’approcher

Le premier tour des municipales ne bouleverse pas l’échiquier en Loir-et-Cher. L’élection de l’UDI Laurent Brillard à Vendôme, le recul de Jeanny Lorgeoux (DVG), après 41 ans de mandat, et la percée des écologistes à Blois ne sont pas une surprise pour les observateurs.

En fusionnant sa liste avec celle de Marc Gricourt, l’écologiste blésois Nicolas Orgelet permet au maire d’entrevoir un 4e mandat. Crédit JL Vezon


Par Jean-Luc Vezon.


Nicolas Orgelet, le co-leader (EELV) de la liste Blois en commun a patiemment construit une campagne fondée sur un projet préparé collectivement à partir des attentes des Blésois. Avec 17,76 % des suffrages (2 528 voix), le jeune ingénieur a réalisé un bon score. Ferait-t-il l’union avec la liste du maire socialiste Marc Gricourt, arrivée en tête avec 33,65 % (4 789) ou se maintiendrait-t-il ? Là résidait sans conteste l’inconnue de cet entre-deux-tours dans la cité ligérienne.

Lors de son grand meeting de campagne, le maire Marc Gricourt avait déclaré publiquement exclure toute alliance au second tour avec son ancien conseiller municipal. Mais nombreux parmi ses proches l’ont poussé à s’associer avec son jeune rival, qui lui tendait la main, pour contrer un Malik Benkacha plus combatif que jamais et appelant au « vote utile ».

Fusion Gricourt – Orgelet : un boulevard pour le maire de Blois

Après l’avoir laissé entendre dimanche soir lors de la proclamation des résultats, le maire de Blois n’a donc pas lâché la proie pour l’ombre et a finalement discuté avec N. Orgelet. L’union des deux listes Prenons soin de l’avenir (Gricourt) et Blois en commun (Orgelet) a ainsi été rendue publique ce mardi.

Ce scénario laisse peu de chance à Malik Benakcha, déjà très en retard à l’issue du 1er tour (3 487 voix contre 4 789 pour M. Gricourt), alors même que la gauche est majoritaire (51,41 %). Avec 24,50 % des voix, le chef d’entreprise a réalisé un score en deçà de ses espérances et des perspectives que lui ouvraient l’union avec les centristes de Mathilde Desjonquères.

Ce score est même inférieur à celui des listes de droite en 2020 (Étienne Panchout et déjà Malik Benakcha) soit 28,27 %. On sait que la mayonnaise n’a pas toujours bien pris entre les deux équipes, certains reprochant à Malik Benakcha ses positions droitières tandis que des rivalités anciennes refaisaient surface.

Avec la fusion Gricourt-Orgelet, c’est un scénario catastrophe pour Malik Benakcha, candidat de la droite et du centre à Blois. Crédit JL Vezon.


Côté RN, la conseillère régionale Marine Bardet a fait le job en ramenant le parti d’extrême droite à un score proche de celui de Michel Chassier en 2014 (13,85 % contre 15,73 %). Refusant sans surprise toute alliance avec le duo Benakcha – Desjonquères, elle les prive de voix potentielles.

Le réservoir de voix du candidat de la droite et du centre se trouve peut-être du côté de la liste citoyenne de Gildas Vieira, qui malgré une belle campagne, n’a recueilli que 1 151 voix soit 8,09 %. Déçu de ne pas être le nouveau poil à gratter, ce dernier a ainsi appelé à un rassemblement avec Malik Benakcha « pour éviter la réélection de Marc Gricourt ».

Plus sûrement, il l’est du côté des abstentionnistes puisque 50,06 % des 14 496 électeurs n’ont pas voté, signe d’un désintérêt démocratique et illustration du rejet d’une classe politique incapable de résoudre les difficultés.

Louis de Redon bien placé à Romorantin-Lanthenay

Après deux défaites (dont une avec seulement 323 voix d’écart en 2014), on n’attendait pas le brillant avocat à pareille fête. Avec 38,12 % des voix, la tête de liste MoDem l’emporte de 296 voix face au vieux Lion de Sologne dont la crinière s’étiole quelque peu (33,84 %). Maire depuis 1985, il semble que l’usure du temps ait fait son chemin à moins que l’alliance contre-nature entre le social-démocrate et les LR ait été mal comprise par ses électeurs. On retiendra ainsi que Jeanny Lorgeoux perd 703 voix au premier tour par rapport à son score de 2014.

Certains suffrages se sont sans doute reportés sur le socialiste Didier Guénin, l’ancien 1er adjoint de Jeanny Lorgeoux entre 2014 et 2019 qui réalise un bon score avec 19,89 % des voix (1 374). Ce lundi, ce dernier a annoncé le retrait de sa liste « dont le score est insuffisant pour espérer peser au second tour ». Ce désistement doit « permettre aux Romorantinais de choisir librement le changement auquel ils aspirent et dont la ville a besoin, sans que notre présence n’entrave mathématiquement le résultat au second tour », a précisé Didier Guénin dont le désistement renforce les chances de Louis de Redon.

À noter enfin que les 563 voix (8,15 %) de la liste d’extrême gauche d’Yvon Chéry pourraient compter dans la bataille pour conquérir la capitale de la Sologne où la victoire de Louis de Redon semble se profiler.

À Vendôme, les électeurs pourront rester chez eux. La liste du maire centriste sortant Laurent Brillard a été élue sans coup férir avec la majorité des suffrages (50,62 %). L’ancien maire Pascal Brindeau n’a pas eu sa revanche sur son ancien ami à qui il avait laissé le siège de maire en 2019 pour siéger à l’assemblée (19,35 %). On notera enfin le faible score de la gauche puisque Mathilde Beauvallet ne convainc que 21,82 % des électeurs.

Louis de Redon : « Concrétiser une belle première manche »

« C’est une belle première manche qui doit se concrétiser au second tour. Une très large majorité de Romorantinais.e.s, les 2/3, s’est prononcée pour le changement », précise à Magcentre le candidat tête de liste de Romorantin au Cœur (DVD). Prudent malgré le retrait de Didier Guénin, il reste entièrement mobilisé sur le second round.  

Cette volonté de changement, le candidat la perçoit également dans les communes autour de Romorantin-Lanthenay, et plus largement à Issoudun, avec de plus jeunes maires.

Les raisons de cette adhésion ? L’avocat y voit d’abord l’usure du maire et de son équipe municipale mais aussi la qualité d’un projet de redynamisation que les candidats de la liste ont su construire collectivement puis expliquer aux habitants, dans une campagne de proximité menée depuis plusieurs mois. Sans esbrouffe ni fanfaronnade mais avec la volonté de porter des propositions positives pour relancer la ville.

« Avec Dominique Giraudet et l’équipe, nous avons rencontré les Romorantinais.e.s en porte-à-porte en veillant à être toujours respectueux du maire et de l’équipe actuelle qui a réalisé du travail », conclut le candidat avec modestie avant de repartir sur le terrain ce mardi matin.

Louis de Redon lors d’une distribution de son projet aux Romorantinais.e.s. Crédit LDR.


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