En 2025, comme les années précédentes, la délinquance reste concentrée dans un nombre limité de communes, selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dévoilées jeudi 26 mars. Dans la région Centre-Val de Loire, plusieurs villes et villages figurent parmi les zones les plus touchées, notamment pour les cambriolages et les vols violents sans arme.
Selon les données enregistrées par la police et la gendarmerie nationales, les cambrioleurs restent fidèles au cœur de la France. ©Magcentre
La région serait-elle une terre de prédilection pour les cambrioleurs ? On peut le penser à la lecture du dernier rapport du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), intitulé « Géographie de la délinquance à l’échelle communale en 2025 ». Publiée le 26 mars dernier et accessible en open data sur son site, cette étude dresse une cartographie détaillée des infractions constatées l’an dernier sur l’ensemble du territoire, régions Outre-mer comprises.
Les demeures de la région suscitent de l’intérêt
Le Centre-Val de Loire et Auvergne-Rhône-Alpes concentrent ainsi le plus grand nombre de départements affichant les taux d’effraction les plus élevés pour 1 000 habitants. En tête du classement national figure le Cher, suivi du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire avec un taux de logements « visités » compris entre 7,32‰ et 9,3‰. Dans le détail, les services de police et de gendarmerie y ont recensé l’an dernier 1 673 cambriolages dans le Cher, 2 453 en Indre-et-Loire et 1 361 dans le Loir-et-Cher. En Auvergne-Rhône-Alpes, la Loire, le Rhône, l’Ain et l’Isère s’inscrivent également dans la liste des départements les plus touchés, avec des taux de logements cambriolés, oscillant entre 7,3‰ et 8,7‰.
En prenant davantage de recul sur cette cartographie 2025, qui couvre entre 30 et 91 % des municipalités selon les catégories d’atteintes, un autre constat apparaît : la délinquance enregistrée à l’échelle communale se concentre dans un nombre limité de villes. Plus d’un tiers (38 %) des cambriolages de logement et 82 % des vols violents sans arme sont ainsi recensés dans environ 350 communes, soit 1 % du nombre total de communes en France. En 2016, les 350 villes les plus touchées par ces délits déploraient 44 % des cambriolages de logement et 85 % des vols violents sans arme. À l’inverse, aucune infraction n’est enregistrée en moyenne dans 58 % des villes. Un chiffre en baisse puisqu’en 2016, 61 % des communes étaient alors épargnées.
Escroqueries, fraudes aux moyens de paiement et vols commis avec arme
Pour parvenir à ces résultats, le SSMSI s’appuie sur une grande base de données, créée en 2014 et désormais structurée en 14 grandes catégories de crimes et délits enregistrés sur l’ensemble du territoire. Parmi celles-ci figurent notamment les violences intrafamiliales, les vols avec arme, les vols de véhicules, les destructions et dégradations volontaires, le trafic de stupéfiants ou encore les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement.
Sur ce dernier indicateur, l’étude montre que 79 % des communes concentrent les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement, tandis que seulement 5 % des villes concentrent les vols avec arme. Dans ce domaine, la région se situe dans la moyenne nationale, avec un taux de victimes pour 1 000 habitants compris entre 6,3‰ et 6,9‰ selon les départements. Et ce malgré la séquestration très médiatisée, l’an dernier à Vierzon (Cher), de David Balland, co-fondateur d’une startup spécialisée dans les cryptomonnaies. Les Pyrénées-Orientales et le Rhône arrivent en tête de ce classement, avec un taux de 8,6‰.
L’étude souligne enfin de fortes disparités selon la nature des délits. Les dégradations et destructions volontaires, ainsi que les vols sans violence contre des personnes sont respectivement 67 et 78 fois plus nombreux que les vols avec arme.
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