D’un côté des protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale comme alternative au soja. De l’autre un tout premier alcool neutre de légumineuses pour les spiritueux, la cosmétique et la pharmacie en remplacement des alcools de betterave et de blé. Grâce à un procédé innovant, l’entreprise du Loiret, Intact, repense la production d’ingrédients végétaux durables dans un contexte d’urgence climatique et d’enjeux de souveraineté alimentaire.
Produites par des agriculteurs locaux, 30 000 tonnes de pois jaunes seront transformées en protéines végétales sur le site d’Intact à Baule (Loiret). Photo Intact.
S’il faut 1 kg de plante pour obtenir 250 g de protéines, que faire avec les 750 g d’éco-produits restants ? Un alcool bas carbone pour le marché des spiritueux et de la cosmétique. Photo Intact.
La phase de test des ateliers et des équipements est encore en cours à Baule, à l’ouest d’Orléans, sur le nouveau site industriel d’Intact. 30 000 tonnes de graines sont déjà stockées dans les silos (majoritairement pois jaunes, féverolles, mais aussi lentilles et haricots…), ces légumineuses à graines qui sont au cœur même de l’innovation de cette jeune entreprise créée en 2022. « Engrais verts, naturalité et santé, baisse des émissions à effet de serre… L’avenir de l’agriculture et de l’alimentaire passe par la recherche », explique Alexis Duval, co-fondateur avec Fanny de Castelnau et Christopher Hervé. « Et derrière ces légumineuses se cachent des plantes à intérêt agronomique, protéinique et environnemental. »
L’idée ? Valoriser ces légumineuses par extraction mécanique et sèche, sans eau, ni solvant ou additif chimique : « un procédé 10 à 15 fois moins énergivore que des procédés standards qui va donner une farine riche en protéines, amidons et fibres », poursuit Alexis Duval. D’un côté une production de protéines végétales destinées au secteur de l’alimentation humaine et animale (biscuits, gâteaux, viandes végé, yaourts, plats préparés…), et de l’autre celle d’un alcool neutre bas carbone pour le marché des spiritueux (Groupe Cointreau) et de la cosmétique (L’Homme Idéal de Guerlain). « Le but est de montrer aux industriels que l’on peut utiliser ces produits-là sans recourir à des produits équivalents à base de soja importé à 95% des États-Unis, du Brésil et d’Ukraine. » Plus encore ! Ces légumineuses s’inscrivent dans un cycle de production agricole vertueux dans la mesure où elles enrichissent le sol en azote, réduisant ainsi le recours aux engrais chimiques. Ainsi, aujourd’hui, 13 000 ha de légumineuses sont cultivés en Centre-Val de Loire en agriculture régénérative.
En visite sur le site de la nouvelle unité de transformation de Baule (Loiret), Alexis Duval, cofondateur d’Intact, explique les installations du centre innovant au président de région François Bonneau. Photo Estelle Boutheloup.
550 agriculteurs de la région engagés
Si l’ensemble du process doit limiter au maximum la consommation des ressources notamment en eau, le projet soutient aussi la filière agricole locale avec un approvisionnement auprès de 550 agriculteurs engagés (1600 en 2027) de la coopérative Axéréal, l’un des actionnaires d’Intact. Comme Olivier Legrand qui cultive 10 ha de pois près d’Artenay rien que pour Intact : « alors que l’on transforme peu dans la région, ce projet est une chance pour notre agriculture qui a besoin d’un nouveau souffle. Un projet aussi structurant que celui-ci, c’est le premier depuis un siècle ! »
Totalement opérationnel mi-avril, ce site de Baule nouvelle génération fonctionnera en quasi autonomie énergétique avec 70% de son énergie produite par de la biomasse complétée par 30% d’électricité et de l’énergie renouvelable.
Rubrique parrainée par CODIFRANCE