El Niño 2026 : La menace d’un « super-phénomène » sur une planète en surchauffe

D’après la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), El Niño risque de se déchaîner dans les prochaines semaines. Qu’en est-il de ce phénomène naturel qui, associé au réchauffement du globe, pourrait entraîner des événements climatiques extrêmes et dont des millions de personnes ont déjà payé au prix fort son épisode de 2023-2024 ?

Déluge sur les côtes péruviennes (image générée avec Gemini)

Par Jean-Paul Briand.

Un doux nom hérité des pêcheurs péruviens

En référence à l’enfant Jésus (el niño en espagnol), des pêcheurs péruviens ont surnommé ainsi un courant chaud venant du nord du Pérou au moment des fêtes de Noël, apportant des espèces tropicales de poissons, inhabituelles dans ces eaux normalement froides. Ce phénomène saisonnier est accentué tous les 2 à 7 ans et disparaît normalement quelques semaines plus tard. Il peut néanmoins durer de plusieurs mois à plus d’un an.

ENSO : Le grand dialogue entre l’océan et l’atmosphère

El Niño n’est pas un simple courant marin local marqué par un réchauffement des eaux de surface de l’océan Pacifique. Il appartient au phénomène climatique complexe ENSO (El Niño-Southern Oscillation) impliquant une interaction entre l’océan et l’atmosphère dans le Pacifique tropical. Cette oscillation, dont les causes précises ne sont pas entièrement comprises, a été découverte dans les années 1920 par le scientifique britannique Gilbert Walker qui étudiait alors l’intensité de la mousson indienne. Il nota que lorsque la pression augmente à l’ouest, elle diminue à l’est et inversement. Il désigna ce phénomène du nom d’« oscillation australe ». Ce n’est que dans les années 1960 que les scientifiques relièrent cette oscillation « atmosphérique » au phénomène océanique « El Niño ».

Schéma sur le mécanisme ENSO (généré avec Gemini)

La valse à trois temps du Pacifique : Neutre, El Niño et La Niña

ENSO est donc un phénomène climatique naturel à grande échelle qui se caractérise par des fluctuations de la température de l’océan dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, ainsi que par des changements dans l’atmosphère sus-jacente. ENSO provoque des bouleversements climatiques sur tout le globe. Il présente 3 phases : la phase normale neutre, la phase El Niño, la phase La Niña.

En temps normal : Dans le Pacifique, les alizés poussent les eaux chaudes d’est en ouest vers l’Asie et l’Australie. Cette poussée entraîne un « upwelling » (remontée d’eaux profondes froides et riches en nutriments) le long des côtes péruviennes, attirant de nombreux poissons.

L’épisode El Niño : C’est une phase caractérisée par des alizés affaiblis, voire inversés. La remontée d’eau froide ne se fait plus, le plancton disparaît et les bancs de poissons s’évanouissent. C’est un véritable jeu de dominos climatique : inondations en Amérique du Sud, sécheresses en Australie et en Indonésie, et une augmentation de la température moyenne mondiale.

L’épisode La Niña : C’est l’inverse. Les vents d’est s’intensifient, accumulant encore plus d’eau froide à l’est. On observe alors plus de cyclones dans l’Atlantique et de la sécheresse au sud des États-Unis.

La Niña et El Niño (schéma généré avec Gemini)

2026-2027 : Vers un choc climatique sans précédent ?

Actuellement, le système climatique mondial traverse une phase de transition d’une complexité inédite. Le premier trimestre 2026 marquait la fin d’un cycle La Niña prolongé. Les signaux captés par les bouées dérivantes et les satellites confirment une métamorphose rapide du Pacifique tropical. Malgré La Niña, censée refroidir la planète, les températures de surface des océans ont battu des records absolus. L’installation d’El Niño sur un océan déjà en « surchauffe » crée un terrain propice pour des phénomènes météorologiques extrêmes.

Or, les observations de la NOAA montrent l’amorce d’un basculement vers un épisode El Niño précoce et intense. L’année 2026 pourrait être pire qu’une année « chaude » de plus : une année à records.

Si l’on en croit l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), qui souligne que l’effet thermique maximal se manifeste généralement l’année suivant son apparition, en 2027 nos systèmes énergétiques, sanitaires, agricoles et urbains pourraient être sacrément mis à rude épreuve…

Plus d’infos autrement sur Magcentre : Que planter dans nos jardins à l’heure du changement climatique ?

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