Après 2024, vous reprendrez bien une petite dissolution en 2027…

Outil constitutionnel, le renvoi des parlementaires devant leurs électeurs peut jouer de mauvais tours à ses initiateurs. Deux chercheurs de l’université d’Orléans remontent aux origines de cet outil qui devrait encore être utilisé l’an prochain.

Walter Badier et Pierre Allorant

Par Jean-Jacques Talpin


Vous avez aimé la dissolution de 2024, vous allez adorer celle de 2027 ! Car le nouveau président (nouvelle présidente ?) qui sortira des urnes en mai prochain n’aura sans doute d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale issue de la précédente dissolution, celle de 2024. Une dissolution effacera ainsi (peut-être) cette décision surprise et surprenante d’Emmanuel Macron prise il y a deux ans avec à la clef une « chambre introuvable » qui sera vite oubliée.

« Arme de dissuasion massive ! »

La dissolution est donc un outil à la main du président de la République qui permet de trancher un conflit entre exécutif présidentiel et majorité parlementaire. Mais c’est aussi un outil de contrôle des parlementaires, une « arme de dissuasion massive » pour contraindre les députés à rester bien sages en les menaçant d’élections toujours incertaines. Pour un président isolé comme l’était Emmanuel Macron c’est aussi une tentative pour retrouver une majorité parlementaire en redonnant la parole au peuple. Mais ce bel ordonnancement peut parfois être bousculé ! C’est ce que rappelle Pierre Allorant et Walter Badier dans leur nouvel ouvrage « La dissolution de Napoléon à Macron ». Les deux enseignants-chercheurs en histoire politique à l’université d’Orléans et par ailleurs président et secrétaire général du Comité d’histoire parlementaire et politique ont voulu remonter aux sources de cet outil tout au long des cinq Républiques. Car loin d’être une arme des monarques la dissolution a surtout été utilisée par des présidents républicains même si le dispositif a été institué par Napoléon… qui ne l’a pas utilisé.

Vème République : un droit utilisé par quatre présidents

Entre 1814 et 1848 il y aura ainsi 12 dissolutions puis 6 entre 1830 et 1848 avant une pause entre 1877 et 1955. Sous notre Vème République, 4 présidents y auront recours (de Gaulle, Mitterrand, Chirac et Macron). Mais les deux historiens rappellent que la dissolution n’est pas une garantie de réussite : celle de Mitterrand en 1988 ne déboucha sur aucune majorité stable, quant à celle de Macron en 2024, le tableau est loin d’être idyllique avec une assemblée divisée, fracturée et tripartisée. Celle de Chirac en 1997, poussée par le Premier ministre Dominique de Villepin (aujourd’hui réfugié dans son château du Loiret en attendant un destin présidentiel …) fut catastrophique avec l’arrivée d’une majorité de gauche plurielle.

Un droit à réformer ?

La dissolution. est-elle encore adaptée à notre république moderne et parlementaire s’interrogent les deux auteurs en soulignant que certains politiques et juristes militent pour une suppression de ce droit présidentiel, et d’autres pour une réforme en profondeur avec des garanties qui préservent les droits des députés. « On peut s’interroger sur la pertinence de ce droit, expliquent Pierre Allorant et Walder Badier, alors que la République mérite d’être modernisée, la constitution nettoyée en vue peut-être d’une 6ème république ».

« Droit d’un autre temps ? »

En tout état de cause la « dissolution Macron » décidée à la hussarde, sans information du Premier ministre Gabriel Attal et avec une consultation a minima du président du sénat et de la présidente de l’Assemblée nationale mettra peut-être un coup de frein à cette pratique, peut être d’un autre temps. Les expériences malheureuses de Chirac et Macron inciteront peut-être leurs successeurs à questionner ce droit aux résultats incertains !

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Commentaires

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  1. 68 ans de cinquième République, un système démocratique à bout de souffle qui engendre de plus en plus d’abstention…

  2. En tous cas inverser l’ordre des élections législatives et présidentielle n’a pas été une bonne initiative de Chirac . Il serait plus judicieux de remettre la table à l’endroit. Un président nouvellement élu a besoin d’une assemblée non à sa botte mais avec une majorité en cohérence avec un minimum de ses idées sinon le pays est ingouvernable et à la merci des factions de râleurs professionnels et inconséquents, sauf qu’ils en profitent pour se créer une rente de situation qui pour une bonne part d’entre eux constitue rien d’autre qu’une vraie promotion sociale sonnante et trébuchante sans laquelle ils n’auraient jamais eu accès à de pareilles rémunérations et avantages .
    Que penseriez vous de la proposition suivante : les nouveaux députés (les tous prochains ) ne devraient pas être rémunérés autrement qu’avec leurs anciens salaires chez leurs anciens employeurs et directement pas ces derniers remboursés charges patronales incluses avec tous les avantages dont ils avaient disposé auparavant. En plus leurs anciens employeurs devraient les réintégrer à leur retour . Ce système aurait pour avantage d’éviter qu’une étudiante de 1° année de fac s’octroie ainsi une bourse d’étude super rémunérée garantie pendant 5 ans comme dans le cas de Marion Maréchal Le Pen ou d’autres, par exemple femmes de ménage en hôtellerie qui a du multiplier par au moins 5 sa rémunération : super bonne affaire les élections ! On serait sûr ainsi de la sincérité de l’engagement politique des dits élus : pas d’avantage financier particulier en maintenant bien sûr la prise en charge des frais professionnels remboursés sur facture détaillée avec des frais de représentation plafonnés à XX par repas (25-30 €) et le nom des personnes invitées au verso de la note comme cela est obligatoire pour le personnel des entreprises . Qu’en pensez vous? j’attends vos réponses et qu’on ouvre une vraie discussion sur cet important sujet.

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