Les violences faites aux femmes et aux enfants suscitent la mobilisation de la Coordination féministe du Loir-et-Cher. Un troisième rassemblement était organisé à Blois devant la préfecture ce lundi 22 juin. Les manifestant·e·s sont plus déterminées que jamais.
Alors que les faits enregistrés pour violences sexuelles ont explosé (+282% entre 2017 et 2023), les manifestants réclament une loi intégrale. Crédit Jean-Luc Vezon.
40° au compteur mais une bonne soixantaine de personnes, dont une quinzaine d’hommes, sont rassemblées pacifiquement, certaines arborant des pancartes avec des slogans percutants contre une justice défaillante – en référence à l’affaire Lyhanna – ou contre le système patriarcal. Les représentants de la coordination ne tardent pas à prendre la parole pour décocher des flèches contre un président Macron ne répondant pas aux demandes réitérées de moyens supplémentaires alors que 81 % des Français y sont favorables.
« Nous demandons à l’État une loi-cadre intégrale portée par les organisations féministes et non les partis réactionnaires qui n’ont que faire de nos revendications », clame au micro une militante du collectif qui rassemble le Planning familial 41, le Collectif droits des femmes 41, Nous Toutes 41, la FSU 41, la CGT 41 et Solidaire 41. Un chiffre parle de lui-même : la France compte deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs par habitant que la moyenne européenne.
Alors que 350 000 personnes ont déjà signé la pétition de la coalition féministe, soutenue par 150 associations, pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, un jeune homme exprime son souhait de mesures fortes pour protéger les enfants de l’inceste et des pédocriminels.
Manifestation à Saint-Aignan-sur-Cher
Dans le viseur également, le maire de Saint-Aignan-sur-Cher, Éric Carnat, mis en examen pour viols et agressions sexuelles contre deux femmes. Une affaire qui remonte à 2019. Christine Bariaud pour l’UD CGT 41 annonce à ce sujet un rassemblement lundi 29 juin à 19 h dans la cité de la vallée du Cher.
Dans le groupe, beaucoup déplorent que le président et le ministre de la Justice préfèrent faire porter les responsabilités sur les salarié·e·s de la justice et la police, qui seraient ainsi trop laxistes, plutôt que de reconnaître les coupes sombres dans les budgets des services publics.
Membres de Greenpeace et militantes écoféministes, Oriane, Nolwenn et Christine partagent ce combat et jugent « qu’il n’y a pas de différences entre les actes écocides et les violences faites aux femmes et aux enfants » car « c’est le même système de domination qui s’exerce ». « Les violences faites aux femmes sont systémiques et celles faites aux enfants le sont tout autant, insiste une manifestante. Il y a urgence à ce que toutes les victimes soient crues et soutenues, que la présomption de sincérité soit mise en œuvre et que les enquêtes ne soient plus enterrées. »
Le groupe Greenpeace Blois soutient la Coordination féministe 41. Crédit photo JL Vezon.
Bien que les femmes soient largement majoritaires devant la préfecture, plusieurs hommes ont également répondu à l’appel pour soutenir cette lutte qui concerne l’ensemble de la société. « En tant qu’homme, je suis solidaire. Il nous faut agir et faire pression pour que la justice et la police disposent de moyens pour assurer leurs missions. Aujourd’hui la justice est faible avec les victimes et au service des puissants », lance Pascal, un militant pas tout jeune.
« Nous reviendrons tant qu’il le faudra. Notre combat est juste et nous concerne tous. Les violences faites aux femmes et aux enfants ne constituent pas un problème privé mais une question d’intérêt public », assure une jeune femme tandis qu’une autre militante constate, en la regrettant, l’absence de personnalités politiques locales. Ces dernières répondront peut-être enfin à l’appel ces prochains jours puisqu’une nouvelle manifestation est prévue à Blois lundi 29 juin et un grand rassemblement programmé le samedi 4 juillet à Paris et en province. Pour que la pression sur le gouvernement ne retombe pas.
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