La campagne est lancée ! L’équipe du musée des Beaux-arts d’Orléans (MBA) recherche activement les 424 tableaux mystérieusement disparus lors de la Seconde Guerre mondiale. Mystérieusement ? Tout porte à croire qu’ils ont été volés lors d’un pillage massif qui a précédé l’incendie ayant dévasté le musée Paul Fourché en 1940.

Olivia Voisin présente la campagne de recherche des tableaux disparus du MBA. Photo E. Boutheloup
Le terme n’est pas anodin. Avec ce « WANTED » provocateur, Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans, annonce une véritable enquête pour retrouver les tableaux disparus. Car, souligne-t-elle avec insistance, « le patrimoine d’un musée est inaliénable et imprescriptible ». C’est-à-dire, recherches lexicales à l’appui, que les œuvres ne peuvent être ni cédées ni vendues, et ceci sans délai.
Un patrimoine commun
Quand on se penche sur l’histoire du MBA d’Orléans, on se rappelle que la première ouverture s’est faite grâce au comte de Bizemont qui, en 1825, avait fait appel aux Orléanais pour constituer la première collection d’œuvres d’art, enrichie par la suite par Paul Fourché. C’est donc un véritable patrimoine commun dont il est question.
« Le musée a un devoir de transparence, dans les meilleurs comme dans les pires moments », affirme Olivia Voisin. Pendant deux ans, les professionnels du musée ont mené une enquête minutieuse. Croisant les notices, les catalogues, les lettres voire les photos, ils ont pu établir et éditer une liste des 424 œuvres disparues, avec un maximum d’indications (auteurs, sujets, dimensions…) pour les identifier au mieux. Et les situer, car l’objectif est clairement de leur faire reprendre place à Orléans.

Une des affichettes Wanted. Photo AC Chapuis
Une « chasse à l’œuvre » qui porte déjà ses fruits
La tâche est rude, la mission est proche d’être impossible, mais on y croit au MBA ! La preuve, c’est que 4 œuvres ont déjà été retrouvées. L’une était au musée de Beauvais, une autre avait été acquise par un particulier, une autre a fait surface dans une vente aux enchères et a été repérée par Matthieu Semont, commissaire-priseur orléanais. Plus émouvante encore est la réapparition de la tête d’une sculpture de Jeanne d’Arc qui était au jardin de l’Évêché. Conservée par un particulier, elle a pu rejoindre d’autres morceaux de la statue déjà détenus par le MBA.

Deux tableaux retrouvés : à G « Le Christ entre saint Paul et Apollos d’Alexandrie » Anonyme 1546, et « La mort de Roland » Achille Michallon, 1818. Photo AC Chapuis
Les affichettes « WANTED », volontairement provocatrices, viennent émailler les 170 pages de la liste de références et vont être diffusées dans tous les endroits susceptibles de croiser les œuvres orléanaises : chez les notaires, commissaires-priseurs, experts, galeries ou maisons de vente… et bien sûr au MBA.
Tout le monde espère de belles surprises, mais attention, chasseurs de primes s’abstenir ! Le musée n’a pas de budget pour acheter ce qui lui appartient, et sa directrice croit à une coopération possible aujourd’hui où le temps apaise l’histoire. Tous en piste pour un retour au bercail des œuvres volées !
Pour en savoir plus : www.museesorleans.fr
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