Hausse des températures en Centre-Val de Loire : +3,5 °C en moyenne entre 1960 et 2025

Climatoscepticisme, complotisme… Où se trouve la vérité sur le réchauffement climatique, dont on entend parler à longueur de journée ? Repartons simplement des chiffres, puisque les 220 stations météo installées partout sur le territoire au début du XXe siècle sont fiables depuis les années 50. Le site Dataclimat, qui reprend toutes les données de Météo-France, livre une analyse sans appel : pour la région Centre-Val de Loire, c’est en moyenne +3,5 °C entre les années 1960 et les années 2020.
 

Canicules plus fréquentes, températures moyennes en hausse : le climat du Centre-Val de Loire s’est nettement réchauffé au cours des dernières décennies. ©Magcentre


Par Éric Botton


Il y a quelques décennies, on se couvrait en pleine journée sur les plages de la côte Atlantique. On pouvait aussi rester en terrasse sans craindre un coup de chaud. Mais depuis, les étés français affichent un tout autre visage. Avec le réchauffement climatique, « il faut dire au revoir aux étés de notre enfance », explique Robert Vautard, climatologue et coprésident du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Pour montrer combien la situation s’est transformée, Mag’Centre a comparé les mois de juin, juillet et août de notre passé (années 1960), à ceux d’aujourd’hui (années 2020), sur les six départements de la région Centre-Val de Loire.

Le résultat est édifiant : partout dans la région, c’est une hausse de +3,5 °C dans cet intervalle. La courbe est globalement la même pour les six départements : tout sauf une vue de l’esprit, juste l’implacable objectivité des chiffres.
 

Moyenne des températures maximales estivales en Centre-Val de Loire depuis 1950. ©Dataclimat

 
Pour Orléans, il y avait durant l’été en moyenne 5 journées à 30 °C et plus dans les années 60. Mais dans les années 2020, on en est arrivé à… 17 (et jusqu’à 21 dans le Cher). Et la moyenne entre les températures enregistrées la nuit et celles enregistrées le jour est passée dans le même temps de 18,6 °C à 23 °C. Les différentes stations météo nous renseignent précisément (Orléans – Bricy, Bourges, Chartres – Champhol, Châteauroux – Déols, Tours, Blois). Et on apprend que, côté nuits « tropicales », ces fameuses nuits où l’on a du mal à dormir car les températures ne redescendent pas sous les 20 °C, celles-ci ont été, entre 2020 et 2025, au nombre de 29 pour le Cher, ou encore de 23 en Touraine.

Les étés chauds qui se répètent, ça remonte aux années 2000

Les cinq étés les plus chauds jamais enregistrés sont récents. Ils remontent à 2003, 2018, 2022, 2023 et 2025. Ils pourraient bien être surclassés par l’été 2026, déjà marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs alors même que le mois d’août n’est pas encore entamé. L’été 1976, dont la chaleur et la sécheresse sont restées dans les mémoires, n’est que le 14e plus chaud. Certains étés, comme 1977, avec des températures à peine au-dessus de 30 °C au cours de la saison, deviennent quasiment impossibles aujourd’hui. Au-delà des moyennes, les pics de chaleur se révèlent désormais plus intenses et plus fréquents. Sur un échantillon de 220 stations météorologiques réparties sur le territoire depuis 1900, plus de 87 % ont battu leur record de température depuis les années 2000. Ils ont été accompagnés d’une succession de sécheresses et de vagues de chaleur. En cause : la combustion des énergies fossiles qui fait tourner les sociétés humaines et émet quantité de gaz à effet de serre. Les trajectoires actuelles mènent la France vers un réchauffement de +2,7 °C en 2050 et +4 °C à la fin du siècle… Les étés n’auront alors plus rien à voir avec maintenant.

À l’avenir probablement des étés encore plus secs et plus chauds, sauf si…

Sans action climatique, entre 1950 et 2100, Paris gagnerait en moyenne 4,7 °C durant cette saison d’été, Marseille 4,6 °C et Lyon 5,1 °C, selon le service Climatdiag de Météo-France. Les sécheresses deviendraient fréquentes en été et se poursuivraient souvent en automne. « Une sécheresse comme celle de 2022 deviendra un événement ordinaire en été », ajoute Climatdiag. Et « si on convoque les souvenirs de notre enfance, selon Robert Vautard, tout est en train de se décaler, les saisons, les maximales, tout ! ». Sauf si… Sauf si l’être humain se décide enfin à revenir à la raison (on n’y croit pas beaucoup), ou que d’autres événements l’y contraignent. De fait, la possibilité d’éruptions volcaniques entraînant un rejet massif de particules en haute atmosphère, obscurcissant celle-ci et limitant le passage des rayons du soleil, pourrait entraîner subitement un vrai refroidissement. On se rappelle dans un passé récent la perturbation qu’avait créée la seule éruption du volcan islandais au nom imprononçable (Eyjafjallajökull) de mars à octobre 2010. Pas suffisante à elle seule pour obscurcir le ciel et faire baisser mécaniquement les températures à la surface de la Terre. Le désagrément majeur à cette époque s’était limité à la paralysie d’une partie du trafic aérien en raison du nuage de cendres qui s’était formé, hautement abrasif pour les réacteurs des avions. Ce fut quand même dans cet intervalle 100 000 vols annulés, 10 millions de passagers empêchés, et des pertes de plusieurs milliards de dollars. Sans compter bien entendu les impacts immédiats sur l’environnement lors de la seconde phase explosive du 14 avril 2010 sous la calotte glaciaire, qui avait entraîné la fonte de la glace et des inondations. Alors imaginez-en plusieurs en même temps pendant la même durée…

Cette hypothèse est très peu évoquée aujourd’hui, même si ce mécanisme est parfaitement connu et documenté des scientifiques, et s’est d’ailleurs déjà produit sur notre planète. En réalité, même si côté températures, cela apporterait indéniablement un bienfait, cette éventualité n’est guère meilleure au final. Pas plus que pour les chaleurs intenses, l’être humain n’est adapté aux froids intenses. Disons que, pour la plupart d’entre nous, et la population de cette planète en général, et sans équipement adapté, nous avons peu de chances de survivre durablement au-delà d’une fourchette comprise entre -25 °C et +50 °C. À notre connaissance, à ce jour, il n’existe en tout cas aucune étude s’intéressant aux éventuelles conséquences d’une augmentation durable et significative des températures à la surface de la Terre sur l’activité volcanique. Mais il pourrait être intéressant de se pencher sur la question !


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