Il vaut mieux parler anglais sur le GR 20 (Fra li Monti) si l’on veut communiquer et tisser des liens. De plus en plus nombreux, les randonneurs étrangers représentent jusqu’à 25 % de la clientèle. Ce chiffre témoigne de l’excellent marketing de la Cullettività di Corsica (collectivité de Corse) et du Parc naturel régional qui gèrent l’itinéraire de 180 km.
Par Jean-Luc Vezon
Le Catalan Marc Jacas aime les émotions vécues en haute montagne. Crédit photo JL Vezon.
Catalan de Barcelone, Marc Jacas est un sportif passionné de treks et de montagne. À son palmarès, l’ascension du Mont Blanc par le Tacul l’an passé et d’innombrables randonnées dans les Pyrénées qu’il connaît sur le bout de ses chaussures.
Venu à la randonnée dans la foulée des exploits de l’ultra-traileur Kilian Jornet, Marc ne laisse rien au hasard dans sa minutieuse préparation, passant par des trails réguliers d’une quinzaine de kilomètres. Celui qui est responsable qualité dans sa vie professionnelle nous dit qu’il est « heureux d’avoir parfaitement managé son GR 20 en évitant notamment les blessures ».
Généreux dans l’effort comme dans la vie, le natif de Granollers a aussi prodigué de précieux conseils aux randonneurs rencontrés au fil de l’aventure : « Il est important de mesurer les distances à parcourir en heures de marche et non en kilomètres, mais aussi de bien s’alimenter et de partir tôt le matin pour éviter les orages qui peuvent être terribles ».
Bain de nature et émotion positive
Mais c’est surtout « le bain de nature » et d’émotions positives que retiendra Marc, qui compte bien revenir dans ce magnifique pays qu’est la Corse. « Tout fait partie du GR, il faut savoir prendre le temps de savourer la beauté d’une nature préservée, mais aussi de découvrir la culture et l’identité corse », précise-t-il satisfait des 185 kilomètres accomplis en 15 jours avec notamment l’ascension du Monte Cinto (2 706 m) dans des conditions difficiles et quatre variantes alpines plus exigeantes que l’itinéraire classique.
« J’aime la randonnée en montagne, c’est mon loisir préféré pendant les vacances. Il était naturel de faire le GR 20, qui est l’un des chemins les plus fameux d’Europe avec des panoramas exceptionnels », expliquait Sergueï, un jeune Moldave venu de Chișinău. Sac de 12 kg sur le dos, ce technicien francophile a traversé sans coup férir la Corse et planté sa tente à 12 reprises dans les espaces réservés près des refuges. Comme beaucoup, il a ponctué sa randonnée sud-nord par un séjour touristique dans la région de Calvi.
Artisan ébéniste en Castagniccia et traileur confirmé, Jean-Jacques savoure lui aussi ces moments dans la montagne de son pays. Au détour d’une Piétra (la bière locale) partagée, il concédait être fier de la culture corse et de sa langue. « C’est l’identité de notre pays où chaque Corse doit pouvoir vivre, travailler et se loger », assurait-il en s’interrogeant sur les avancées réelles du projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 23 juin dernier.
Sergueï randonneur moldave et Marc le catalan partagent un plat de pâtes en compagnie de Malou, jeune française rencontrée sur le GR 20. Crédit JL VEZON.
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