Plus de 31 000 collégiens loirétains effectuent leur rentrée le mardi 1er septembre. Avec eux, les cantines reprennent du service. Tous les ans, plus de 3 millions de repas sont servis dans les établissements du département. L’année 2026 doit marquer une évolution importante dans leur fonctionnement avec la mise en place progressive d’un groupement de commandes pour les denrées alimentaires.
Plus de 3 millions de repas sont servis chaque année dans les collèges du Loiret. Illustration ©CG.
La décision était intervenue après une année marquée par la crise agricole et la polémique autour de l’accord UE-Mercosur. En janvier dernier, le Département du Loiret interdisait alors les produits provenant d’Amérique latine dans ses restaurants scolaires. Il voulait même aller plus loin en mutualisant les achats, avec trois objectifs affichés : mieux maîtriser l’origine des produits, améliorer leur qualité et réduire les coûts.
Faire les courses à plusieurs
Jusqu’ici, les collèges achètent largement de leur côté, que ce soit auprès de producteurs locaux, de grossistes et autres fournisseurs. Avec parfois des tarifs différents selon les établissements pour un même grossiste. Le groupement doit donc permettre de peser davantage dans les négociations grâce à des volumes d’achat plus importants. « Depuis le lancement de cette démarche, 49 établissements sur 53 ont déjà répondu positivement », se réjouit Florence Galzin, vice-présidente chargée de l’Éducation et de la Jeunesse.
Pour les chefs de restauration, l’idée est aussi de les décharger d’une partie de la paperasse. « Cela permettra à nos chefs de se recentrer sur leur métier de cuisinier sans se disperser sur l’administratif », explique l’élue. Recherche de fournisseurs et négociation des prix devraient être centralisées, sans retirer aux chefs la liberté de composer leurs menus selon le Département. Une manière aussi de favoriser l’achat de produits locaux et de qualité, permettant enfin d’entrer dans les clous de la loi Égalim : 50 % de produits durables et de qualité, dont au moins 20 % de produits bio.
Le pari du local
Le Département espère du même coup réduire autant que possible la part de produits ultra-transformés dans l’assiette de ses collégiens. Car centraliser ses achats ne signifie pas pour autant faire disparaître les producteurs du territoire. Au contraire, le Département souhaite utiliser le nouveau cahier des charges pour renforcer ses partenariats locaux. « Le but est aussi de consolider et étendre les partenariats avec eux », souligne le Département. Le pari est donc double. Acheter davantage pour obtenir de meilleurs prix, mais aussi mieux structurer le réseau fournisseur avec des producteurs locaux. Une recette simple et séduisante sur le papier mais dont il faudra vérifier l’efficacité dans les cuisines. « On fonde beaucoup d’espoirs dans ce changement même si l’on sait que ce sera un challenge important pour les chefs », reconnaît Florence Galzin.
Onze collèges ne sont pas encore concernés dans l’immédiat, leurs contrats courant jusqu’en 2027. Pour les autres, l’analyse des offres aura lieu dès septembre, avant le passage des commandes en fin d’année et les premières livraisons à partir de janvier 2027. C’est à ce moment que les promesses d’économies, de qualité et de produits locaux devront passer du cahier des charges à l’assiette.
Le Département cherche encore la solution contre les canicules
La fin de l’année scolaire a été éprouvante dans plusieurs collèges, certains cours ayant même dû être annulés en raison des fortes chaleurs. Pour éviter que les salles de classe ne se transforment à nouveau en étuves, le Département réfléchit à des solutions.
Pas question en revanche d’installer la climatisation. Une décision motivée par des considérations environnementales, mais aussi (et surtout) financières, les marges de manœuvre étant « de plus en plus contraintes », rappelle le président Marc Gaudet.
La piste privilégiée serait plutôt les brasseurs d’air. « Nous penchons pour l’installation de ventilateurs au plafond », indique Florence Galzin. Des essais auront lieu dans certaines classes ». Mais encore faudra-t-il que les bâtiments permettent leur installation, tempère le Département.
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