En juillet dernier, le tribunal judiciaire de Bayonne a reconnu l’origine professionnelle d’un cancer du sein d’une hôtesse de l’air malgré deux avis défavorables du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). Cette femme avait travaillé chez Air France de 1989 à 2019 en tant que personnel navigant.
Alors pourquoi un tribunal a reconnu que l’atteinte cancéreuse d’une ancienne hôtesse de l’air était en rapport avec sa profession ?
Le tribunal a pris en compte que cette femme n’avait aucun facteur génétique ou personnel pouvant expliquer son cancer, mais que l’on pouvait reconnaître trois causes cancérogènes en rapport direct avec son activité :
- Un tabagisme passif important. Le tabac est un facteur de risque significatif pour le cancer du sein et Air France a autorisé les passagers à fumer jusqu’en 2000.
- L’exposition importante aux radiations ionisantes durant les vols à haute altitude. Ces radiations augmentent de façon importante lorsque l’altitude s’élève. Elles sont des cancérogènes avérés car elles endommagent l’ADN des cellules et peuvent ainsi provoquer des cancers radio-induits.
- Elle a exercé plus de 6 500 heures de travail de nuit. Certaines études épidémiologiques dont une conduite par une équipe Inserm semblent démontrer qu’il existe un lien entre le travail de nuit et le risque de cancer du sein.
Si la décision du tribunal de Bayonne fait jurisprudence, elle obligera une révision de la liste des maladies professionnelles.
Image d’illustration : crédit Gunawan Kartapranata, Wikimedia Commons