Depuis quelque temps, une page longtemps restée dans l’ombre revient régulièrement sur le devant de la scène : celle des Français qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, choisirent de combattre aux côtés de l’Allemagne nazie. De la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme) aux formations françaises de la Waffen-SS, jusqu’à la division Charlemagne, c’est toute l’histoire de la radicalisation de certains Français aux côtés du IIIᵉ Reich qui revient aujourd’hui dans le débat historique, à travers livres, documentaires et émissions. Ce regain d’intérêt intervient alors que disparaissent les derniers témoins, mais que les archives permettent de mieux interroger cette histoire.
Dans ce contexte, la Librairie des écoles (Montargis) accueille Philippe Douroux, journaliste et auteur. Dans Un père ordinaire (Flammarion, 2025), il enquêtait sur son propre père, engagé dans la LVF – dont le principal centre d’instruction était situé à Montargis, dans la caserne Gudin – puis la Waffen-SS. Avec Max Jacob et le jeune SS (Flammarion, 2026), il s’est intéressé à Jacques Evrard, jeune homme auquel Max Jacob dédia Conseils à un jeune poète, avant que celui-ci ne s’engage dans la LVF. Il deviendra plus tard chirurgien orthopédiste, à Montargis. Ceux qui, dans cette ville, l’ont connu comme médecin ignoraient cette part longtemps cachée de son passé, mise au jour par Philippe Douroux.
Ces deux livres ont en commun une même question : comment un homme ordinaire en vient-il à franchir le seuil d’un tel engagement ? Comprendre n’est pas excuser, c’est plutôt tenter de saisir les influences, les convictions, les silences et les basculements qui conduisent certains à choisir l’inacceptable.
Samedi 19 septembre à 18 h, à la Librairie des écoles, 3 rue du Loing à Montargis.