Le parti d’extrême droite lancera officiellement sa campagne présidentielle dans la capitale régionale. La gauche, les syndicats, l’extrême gauche et les mouvements antiracistes appellent à manifester contre ce congrès.
Le premier grand rendez-vous de la campagne présidentielle du RN est prévue à Orléans. ©Magcentre
Les 24 et 25 octobre prochains à Orléans seront au cœur de l’actualité politique nationale. C’est en effet durant ce week-end que le Rassemblement national tiendra son congrès national avec la réélection de Jordan Bardella et la mise en orbite présidentielle pour Marine Le Pen. Telle Jeanne d’Arc, la favorite des sondages veut gravir la montagne, franchir les étapes pour arriver à l’Élysée le 2 mai, du moins si elle franchit l’obstacle du premier tour le 18 avril.
Parcours du combattant
Marine Le Pen se lance donc dans sa quatrième candidature avec cette fois plus de chances (!!) de l’emporter. Toutefois, l’élection présidentielle n’est pas un long chemin tranquille mais un parcours du combattant où il faut éviter les chausse-trappes, les coups fourrés et tordus sans compter d’éventuels tiraillements internes.
Même si elle s’est dédiabolisée, MLP reste pour beaucoup un danger pour la République, qu’il faut donc combattre. Pas question donc de laisser ce congrès national d’Orléans se dérouler comme une kermesse de village. Plusieurs dizaines d’associations politiques, syndicales, citoyennes, antiracistes se sont donc mobilisées pour faire notamment du samedi 24 octobre un « grand moment de mobilisation antifasciste ».
Manifestation dans les rues d’Orléans
C’est au CO’Met d’Orléans que des milliers de participants – avec des navettes affrétées dans toute la France – sont attendus pour le lancement du congrès national. Le samedi sera consacré aux élections internes et en fin d’après-midi à un « village des régions » avec gastronomie et animations ainsi qu’une « soirée festive et exclusive » en présence de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. C’est donc le samedi qu’une grande partie de la gauche appelle à une « riposte antifasciste ». Le matin dès 10h30 une manifestation parcourra les rues d’Orléans.
« Implacable en cas de débordement ! »
Mais, contrairement à la plupart des organisations appelantes, la « plateforme antifasciste La Horde » affirme que cette manifestation se dirigera « vers le congrès du RN ». Si cette manifestation traversait la Loire en direction de CO’Met, des heurts pourraient alors intervenir. C’est pourquoi le préfet Hugues Moutouh, que beaucoup appellent dans la préfectorale « le bulldozer » très marqué à droite, a annoncé dans la presse locale qu’il « serait implacable en cas de débordement ».
« Si c’est le Far West, a-t-il affirmé, moi je serai le super shérif ». Au vu de sa réputation acquise à proximité de la grande famille sarkozienne « force doit donc rester à la loi ». Les manifestants seront donc contenus dans le centre-ville sans possibilité de franchir la frontière de la Loire, véritable ligne de démarcation entre nationalistes et antifascistes.
Après la manifestation du matin, un village antifasciste se tiendra au Campo Santo près de la cathédrale. Avec au programme animations, débats, tables rondes, « ateliers participatifs d’éducation populaire » et interventions – notamment celle de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Une suite pour le 17 octobre ?
Conscients de possibles débordements, les organisateurs se veulent vigilants pour éviter tout dérapage. Mais il suffirait de presque rien – la présence de black blocs par exemple – pour qu’une étincelle mette le feu aux poudres. Et cela d’autant plus que cette mobilisation interviendra une semaine après celle du 17 octobre, premier acte d’une mobilisation sociale et d’un possible réveil des gilets jaunes.
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Un samedi chaud et « antifasciste » le 24 octobre à Orléans