Trois adjoints d’Étrechet ont démissionné suite à la présentation du projet de mégacentre de données de la zone d’Ozans par Gil Avérous. Florence Laurent, maire de la commune, a elle aussi rendu son écharpe.
Une manifestation avait déjà eu lieu au rond-point de la préfecture en juin 2026, avant la séance du conseil communautaire. (photo archives Pierre Belsoeur)
Vous avez le droit d’en penser ce que vous voulez : que la zone d’Ozans est maudite ou que l’Indre est fâchée avec les noms en A. Vous avez aimé le CADA de Belâbre ? Alors vous allez adorer le DATA de Châteauroux. Créée voici vingt ans sur des terres agricoles (ce qui n’avait pas manqué de provoquer quelques débats houleux, à Étrechet en particulier), la zone « Haute Qualité Environnementale » d’Ozans a d’abord eu des Chinois pour locomotive. Ils sont partis au bout de dix ans sans avoir créé aucun emploi et en abandonnant un immeuble de bureaux, jamais utilisé.
Le conseil communautaire, lors de la séance de juin 2025, avait applaudi debout le vote de la délibération autorisant Gil Avérous à signer la vente de 195 ha de la zone d’Ozans à la société Tricolore Computing, agissant pour le compte de Google. Deux élus de la minorité s’étaient tenus à l’écart de cet enthousiasme, mettant en avant les énormes besoins en eau du futur mégacentre de données.
De l’eau au moulin de la discorde
À cette occasion, Gil Avérous avait répondu, sans plus de précision, que le procédé envisagé utilisait un système de refroidissement par air. Désormais, dans le projet que le président vient présenter à tour de rôle aux quatorze conseils municipaux de l’agglo, il est question de refroidissement par eau, mais en circuit fermé. Une eau qu’il faudra donc elle aussi refroidir…
Une partie des manifestants s’étaient invités au conseil, dont le point complémentaire Google occupait la dernière place de l’ordre du jour. (photo archives Pierre Belsoeur)
Toujours est-il que les deux premières étapes n’ont pas donné lieu à de particulières contestations. En revanche une grande partie des terrains de la zone d’Ozans se trouve sur la commune d’Étrechet, commune pavillonnaire voisine du site. Les élus, en place depuis mars, ont le sentiment de « cautionner des choix sur lesquels nous n’avons aucune possibilité d’action ». Le problème de l’eau en particulier, au moment où les cours d’eau n’en ont plus, avive le ressentiment développé dans un long texte transmis à la presse.
Défendre les intérêts des habitants
Même si l’opposition départementale de gauche s’est empressée d’apporter son soutien aux démissionnaires, cette série de démissions n’a rien de politique au sens politicien du terme. Les nouveaux élus, les trois premiers adjoints et une conseillère municipale, ont eu le sentiment que tout était joué d’avance et que leur avis ne compterait pas. C’est probablement prématuré dans la mesure où la « concertation préalable » prévue par la Commission nationale du débat public n’a pas encore eu lieu.
Une concertation qui n’est pas contraignante mais, comme l’explique Jean-Louis Laure, chargé de la préparer, « nous n’avons pas à dire ce qu’il faut faire, nous demandons au maître d’ouvrage de s’exprimer sur le projet. Et nous aurons réussi notre mission si, effectivement, le public a pu accéder à suffisamment d’informations. Qu’elles soient détenues par Google, RTE (pour la ligne électrique à très haute tension qui va renforcer la desserte d’Ozans), Châteauroux-Métropole. »
Le débat se tiendra dans le courant de l’automne et la commission aura un mois pour rendre ses conclusions. En attendant, Gil Avérous a encore dix communes à visiter. On verra si le coup de sang d’Étrechet fait tache… d’huile. En tout cas la maire d’Étrechet, qui avait validé le projet en commission des maires, s’est sentie désavouée par ces démissions et a démissionné à son tour. Les électeurs d’Étrechet vont donc devoir retourner aux urnes pour une élection partielle qui ne manquera pas de piment… ni de risques.
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