Le Loir-et-Cher, symbole du bond en avant du parasport

La deuxième édition de la Fête du Parasport qui s’est tenue le 19 septembre à Blois illustre le dynamisme des acteurs loir-et-chériens. Boostée par les Jeux paralympiques, l’inclusion par le sport progresse dans les clubs malgré quelques freins.

Arnaud Besse, directeur du Comité départemental olympique et sportif 41, Anthony Marceau, chef de service SDJES et Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF). Crédit JL Vezon.


Par Jean-Luc Vezon


Depuis plusieurs années, le Loir-et-Cher fait partie des départements à la pointe dans le développement du parasport (1), mot générique incluant, d’une part, le sport adapté pour les personnes en situation de déficience intellectuelle et/ou avec des troubles psychiques et, d’autre part, le handisport, destiné à celles en situation de handicap moteur et/ou sensoriel, ou atteintes de maladies invalidantes.

Outre plusieurs champions médaillés comme Marie-Amélie Le Fur (athlétisme), Raphaël Beaugillet (cyclisme sur piste), Sylvain Noël (tennis de table) ou Benjamin Pillereau (volley), le département accueille le fonds de dotation Telmah qui accompagne les projets handisports (2) tandis que Marie-Amélie Le Fur préside le Comité paralympique et sportif français (CPSF) et l’Agence nationale du Sport (ANS).

Pour Arnaud Besse, directeur du Comité départemental handisport, cette Fête du Parasport, qui s’inscrit dans le cadre de deux événements labellisés par le ministère des Sports (« Fête du sport » et « Septembre bouge »), illustre la mobilisation des associations et de leurs bénévoles. « Avec nos partenaires, État, Département, CDOS 41 et comité départemental sport adapté, nous souhaitons encourager la pratique handisport et fédérer les acteurs », explique-t-il. Car il faut bien dire que si les clubs s’ouvrent de plus en plus, les pratiquants ne répondent pas toujours présents. « Il y a 600 licenciés en sport adapté mais seulement 120 en handisport, à mettre en regard des 75 000 personnes valides. Ensemble, nous pouvons faire beaucoup mieux », constate Arnaud Besse.   

Encore des freins

Alors que le parasport a gagné en visibilité et en popularité, que des aides de l’État (pass Sport, 50 €) ou du département (chèque Sport Culture, 41 €) facilitent sa pratique, les freins demeurent et aimer une discipline ne signifie pas toujours pouvoir la pratiquer. La mobilité est à ce titre un obstacle que rencontrent trop souvent les personnes en situation de handicap (3). Alors comment rejoindre les associations sportives handisport dans un département rural comme le Loir-et-Cher ? La question se pose d’autant plus à l’heure de la flambée des prix du carburant.  

Pour tenter de lever ces difficultés, une cellule départementale parasport associant les acteurs précités va voir le jour au premier trimestre 2027. Il s’agira d’une initiative unique en France. Sur le parvis de la Halle aux Grains, pas moins d’une vingtaine de clubs proposaient donc démonstrations et animations. C’était le cas de l’ADA Tir qui donnait la possibilité de tirer à la carabine laser à 10 m. « Notre discipline est totalement inclusive. Notre club compte trois para-tireurs, dont Romain Coyau, champion de France à la carabine 10 m », expliquait Jean-Michel Aubault, président de ce club très dynamique de 70 licenciés.

Un peu plus loin, les Écuries d’Arcadie à Maray avaient installé un manège offrant la possibilité de faire un baptême à cheval sur un magnifique Comtois. « Nous sommes un centre équestre inclusif, nous accueillons 60 % de personnes en situation de handicap venant d’établissements spécialisés », précisait le cogérant Fabien Couratin, en se félicitant de la dimension conviviale d’une fête qui permet la rencontre entre les clubs, leurs éducateurs et les parasportifs.

(1) Il existe 25 disciplines allant de la boxe au badminton, en passant par le volley assis, la course à pied, le judo ou encore le golf.
(2) Créé par l’entreprise SIDAMO sous l’impulsion de Paul Seignolle en 2011.
(3) Une étude de 2022 estime à 50 kilomètres la distance moyenne à parcourir pour trouver un club.

La pratique de l’équitation est bénéfique pour les personnes en situation de déficience intellectuelle et/ou avec des troubles psychiques. Crédit Arcadie.


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