La violence devient-elle le seul moyen d’être entendu ?

Après plusieurs jours de manifestations et de blocages d’établissements scolaires, le ministre de l’Éducation nationale a enfin accepté d’entendre les revendications des lycéens. Il faut croire que les réponses ministérielles ne sont pas à la hauteur des requêtes puisque le mouvement se poursuit dans toute la France. Qu’en sera-t-il de la violence ?
 

Si les pancartes sont nombreuses dans les cortèges ce mardi 6 octobre, certains lycéens considèrent que les mots ne suffisent plus pour se faire entendre. ©JLV


Par Jean-Paul Briand


Le 21 septembre, un mouvement de revendications des lycéens de Créteil démarre. Leurs demandes sont simples et légitimes : un professeur devant chaque classe d’élèves, des bâtiments salubres, une revalorisation salariale pour les enseignants, la suppression de l’actuel Parcoursup, l’augmentation du nombre de places dans l’enseignement supérieur…

Ces doléances étant semblables pour nombre d’établissements du secondaire, très vite le mouvement s’étend dans toute la France, y compris en région Centre-Val de Loire où plusieurs lycées sont bloqués.

La réponse autoritaire et le piège du complotisme

Les seules réponses des responsables politiques actuels furent les gaz lacrymogènes, les lanceurs de balles de défense (LBD) et des arrestations par centaines. Le mouvement de revendication devient révolte. Il est vrai que de jeunes exaltés et surtout des casseurs extérieurs au mouvement protestataire en profitent pour incendier, détruire du matériel urbain, s’introduire dans les lycées et parfois attaquer délibérément du personnel administratif, éducatif et des membres des forces de l’ordre.

Afin d’éluder les vrais problèmes exprimés par les manifestants, le gouvernement a choisi la répression policière et de discréditer cette révolte des jeunes lycéens. Elle ne pouvait être que le fruit d’une manœuvre élaborée à distance par des « gauchistes ». Les blocages observés dans les lycées sont « le fait du groupe politique La France insoumise (LFI) et ses proxys de l’ultragauche », affirment les services du Premier ministre Sébastien Lecornu. Comme dans tout phénomène de protestation, des groupes politiques d’opposition tentent d’en tirer profit. Logiquement, LFI, avec d’autres, soutient la révolte des lycéens. Faire semblant de le découvrir, c’est prendre les observateurs de ces évènements pour des imbéciles. Le gouvernement se ridiculise en dénaturant les revendications des lycéens et en considérant les jeunes protestataires comme des gamins manipulables. Cette attitude complotiste est irresponsable. Elle ne peut entraîner qu’une escalade des violences.

La dérive de la force publique

Ceux que l’on a pu appeler jadis « les gardiens de la paix » semblent oublier qu’ils ont devant eux non pas des adultes mais des jeunes gens tout juste sortis de l’adolescence. Ces mineurs militent pour leur avenir. Ces derniers jours, des professionnels formés pour assurer l’ordre et empêcher les dérives violentes de certains manifestants ont été molestés, néanmoins Amnesty International et le Syndicat de la magistrature dénoncent le comportement policier français à l’impressionnant arsenal anti-émeute.

Le Code de la sécurité intérieure oblige que « la force déployée doit être proportionnée au trouble à faire cesser et son emploi doit prendre fin lorsque celui-ci a cessé ». Qu’en est-il de cette « proportionnalité » lorsqu’une jeune fille de 15 ans subit de la part d’un policier, athlétique et entraîné, une clé d’étranglement digne d’un combattant de MMA ? Quand des tirs de LBD se font à très courte distance et en plein visage ? À Tours, un lycéen de 16 ans, blessé mercredi dernier, a perdu son œil droit. Une telle blessure irréversible chez un gamin peut-elle se justifier pour empêcher le bris d’un mobilier urbain ou l’incendie d’une poubelle ? Les attaques policières disproportionnées entretiennent la violence et laissent sur le carreau des victimes dans tous les camps.

Écouter notre jeunesse pour éviter la violence

Ce qui est révoltant n’est pas uniquement la violence destructrice de jeunes désoeuvrés des quartiers ghetto. Le vrai scandale, c’est l’absence d’écoute pour une jeunesse inquiète de son avenir et l’abandon de son système éducatif : son unique ascenseur social.

Si une partie de la jeunesse française a le sentiment que leur outil éducatif est sacrifié, l’exaspération, le désespoir, la colère et la révolte s’exprimeront. Le prix Nobel de littérature Thomas Stearns Eliot aura alors malheureusement raison quand il affirme : « Il y a des moments où la violence est la seule façon dont on puisse assurer la justice sociale. »
 

Le dessin de Charlotte Guillois

 
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Nous, les bourgeois, secouons-nous !

Commentaires

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  1. Pauvre France… Pauvre jeunesse fragile… A l’époque, je me levais à 3 heures du matin pour marcher les traditionnels 15 kilomètres pour aller à l’école. Même distance au retour. Je peux vous dire que les nuits étaient courtes, et je ne dormais pas dans une chambre bien au chaud, mes parents n’avaient pas de quoi nous payer des couvertures. Aujourd’hui, je travaille en moyenne 62 heures par semaine. Et jamais je ne me suis plains.

    C’est ça la France à Macron, ou plutôt Macaron comme j’aime l’appeler… Réfléchissez bien à qui vous aller voter l’année prochaines. Soutien à nos forces de l’ordre et à nos artisans locaux !!!

  2. d’accord avec vous Daniel il y en a marres de ces feignasse qui ferait mieux d’aller en court pour s’instruirent !!! Qu’est devenu notre France ??? Le général Degaulle doit se retourner dans sa tombes si il voie ça c’est la honte ! Vous attendez quoi les jeunes que l’argents il tombes du ciel ???!!! Et les parents ils font quoi ? C’est pas avec cette génération qui ne pensent qu’à s’amuser que on vas redressé le pays comme même ? Soutien aux forces de l’ordrz s !!!

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