Un millier de manifestants, dans le calme et en musique, ont exprimé leurs réserves en bordure du site où le géant américain compte installer sont méga centre de données.

Un millier de personnes se sont retrouvées sur un site privé particulièrement bien aménagé pour assister aux tables rondes. (photo PB)
La vertu de la carte de presse n’est plus ce qu’elle était. En la contemplant samedi, le gendarme nous a demandé de baisser notre vitre et tendu un alcootest. La réputation des journalistes n’est plus ce qu’elle était et l’alcootest s’est révélé négatif ! Tout ça pour dire que le filtrage opéré par la gendarmerie à proximité du site où « Ozans Dire Non » avait convié ceux que les promesses de Google laissent dubitatifs, manquait sérieusement de chaleur humaine.
Déambulation en musique
Cela n’a pas empêché un millier de personnes de se retrouver sur un site parfaitement préparé pour ranger les voitures (et les vélos) dans l’ordre, s’informer sur des stands divers (Ligue des droits de l’homme, Indre Nature…) se restaurer et déshydrater, et participer à trois tables rondes.
Mais l’après-midi débuta par une déambulation vers le site où doivent sortir, un jour, les bâtiments du centre de données géant d’ici à 2030. Déambulation sous une ligne électrique à haute tension. Un des éléments qui ont justifié le choix de Google de s’installer en Berry.

Une marche en musique travers les champs d’Ozans. (photo PB)
Une poignée d’individus masqués faisaient tache dans un cortège composé de marcheurs de tous âges, avec ou sans enfants parmi lesquels les chiens étaient les plus satisfaits de profiter de cette sortie au soleil. Des musiciens marcheurs donnaient un air joyeux au cortège venu dérouler, en bordure du site une bâche géante proclamant « Pas un hectare pour Google ».
« Des renseignements manquent dans le dossier »
Un cortège aux origines politiques variées, mais plutôt de gauche lorsqu’ils annonçaient la couleur, Ecologistes, Confédération Rurale, conseiller départemental et maire socialiste d’Eguzon ceint de son écharpe tricolore, parti communiste et quelques drapeaux LFI dont s’écartaient prudemment ceux qui ne voulaient pas être photographiés en leur compagnie. Et puis toute une foule de riverains plus ou moins proches du lieu de la révolution numérique en marche.
Agent de la Direction interdépartementale des routes Centre-Ouest (Dirco), Raphaël Tillie est aussi accrédité par son ministère de rattachement, celui de la Transition écologique, et a notamment participé à la Cop 26 de Glasgow au sein de la délégation de la CSI (confédération syndicale internationale).
Il ne met pas son badge CGT dans sa poche, mais, à la différence des rêveurs qui voudraient que les 500 ha d’Ozans redeviennent des terres agricoles, il se penche sur le contenu du dossier.
« Nous aurons des questions à poser à propos de la consommation d’eau, de la chaleur générée par le site, l’approvisionnement électrique et le nombre d’emplois. Autant de sujets sur lesquels le dossier Google baigne dans un flou artistique ».
Pour le technicien l’émission de chaleur est particulièrement problématique. « Les relevés effectués autour des sites du même type parlent d’une élévation de deux degrés autour du site. Cet été on a frôlé les 42° à Ozans et l’on sait qu’à 46° toute culture est impossible. Faites le calcul.»
Par-ailleurs si le projet est relativement économe en eau, les éléments de réfrigération posent deux problèmes ; le bruit et les polluants éternels qui s’échappent de ces machines qui tournent 24/24.
Quant au nombre d’emplois créés, on est à la méthode du doigt mouillé, entre les emplois directs, indirects et induits pendant les travaux (dont les contrats seront décrochés par de grands groupes et pas par des entreprises de l’Indre) et ceux promis après la mise en service. « Sans compter qu’avec l’accélération technique la maintenance et même la surveillance pourront s’effectuer à distance pour une large part.»
La commission du débat public doit donc s’attendre à trois mois animés mais le pire serait que les observations des Indriens soient carrément ignorées dans la suite du dossier.

Gil Avérous, président de la comité d’agglomération a eu droit à un message personnalisé. (photo PB)
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