L’Association des cinémas du Centre a reçu les résultats d’une enquête sur leur secteur régional. Une sérieuse baisse de fréquentation ces dernières années, un peu moins forte que pour la France entière, et une très grande disparité dans les différentes structures, souvent rurales dans la Région. Mais un dynamisme qui ne faiblit pas.
Le cinéma Les Carmes à Orléans. Photo Magcentre
Créée en 1995 à l’initiative de salles de cinéma indépendantes de la Région Centre-Val de Loire, l’Association des cinémas du Centre (52 salles adhérentes, du mono-écran au complexe) a pour mission de développer un travail en réseau pour diffuser et promouvoir un cinéma varié et de qualité. Les cinémas adhérents sont associatifs, municipaux ou privés, et/ou de circuits itinérants, la plupart classés Art et Essai.
Soutenu par le CNC, la DRAC Centre-Val de Loire, la Région Centre et la ville de Tours, ce réseau favorise la mutualisation des moyens et la coopération tout en respectant les identités propres des salles. Il travaille à la consolidation et au renforcement des salles de proximité toujours économiquement fragiles, et contribue ainsi à l’aménagement du territoire tant en milieu urbain que rural, en permettant le maintien d’une offre de loisirs à forte valeur culturelle ajoutée.
L’association a commandé à un collectif de sociologues, Plurihabitus Tours Sociologie, de mener une enquête auprès des cinémas de la région Centre (73 salles) pour dresser un état des lieux de cette activité. La jeune équipe de sociologues est venue jeudi dernier au cinéma Les Carmes d’Orléans rendre compte de ses travaux.
Plus de 60 % (38 structures) des exploitants ont répondu au questionnaire, ce qui permet à l’équipe de valider les résultats. Mais la situation n’est pas uniforme. La diversité des salles d’exploitation est évidemment à prendre en compte. La majorité des répondants sont des salles mono-écran avec une moyenne de 200 fauteuils. Beaucoup de ces salles sont en effet en région rurale, alors que certains cinémas regroupent beaucoup d’entrées.
Le cinéma Le Générique à Montbazon au sud de Tours. Photo ACC
Au niveau des personnels, salariés (63 %) et bénévoles (36 %) sont partout mélangés, avec une médiane de 4 salariés. Les salariés sont à 92 % en CDI. 80 % de ces salles sont soutenues par des finances publiques très diverses (aide aux cinés itinérants, aux programmations dites difficiles, à la petite et moyenne exploitation, classement Art et Essai, etc.).
Il est clair qu’une baisse de fréquentation a eu lieu en 2025, 10 % de spectateurs en moins dans la région Centre, alors que la moyenne nationale est plus élevée, autour de 14 %. Ce sont les grands groupes, donc les complexes de salles, qui ont le plus souffert.
Le constat des sociologues de Tours est clair : l’ensemble des cinémas de la région Centre-Val de Loire montre une très grande disparité. Il ne faut pas parler de cinéma en général, mais des cinémas. La baisse se répercute sur toutes les exploitations, mais avec différentes conséquences. La plus évidente est une difficulté à moderniser le matériel. L’heure est donc grave, comme d’ailleurs pour tout le secteur culturel actuellement, mais pas désespérée ! Surtout vu le dynamisme de l’association, notamment auprès du jeune public et des lycéens. Et les animations constantes, rencontres avec des réalisateurs, projections en avant-première, etc. Auxquelles s’ajoutent les initiatives de chaque salle, comme les festivals. Justiciné pointe son nez à Orléans le 26 novembre.
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