Jazz et Cinéma

Malheureusement un peu délaissé par le public du festival de jazz (annoncée en petits caractères en dernière page du programme…), cette matinée cinématographique proposée par O’Jazz nous donna l’occasion de revoir un Hichcock de 1929, subtilement mis en musique par le pianiste Jean-Christophe Briant.
“Blackmail” est un film d’une incroyable modernité de cadrages et d’éclairages, fortement influencé par le cinéma expressionniste allemand tant par les scènes des bas fonds londoniens (“Le dernier des hommes” Murnau) où les visages au regard halluciné (“M. le Maudit” Fritz Lang), mais ce film est aussi un étonnant concentré du cinéaste, encore anglais, où l’on retrouve cet univers hitchcockien qui nous est devenu familier, avec bien sûr l’apparition du réalisateur importuné par des enfants dans le métro, la poursuite du criminel dans un monument grandiose (comme les présidents du mont Rushmore ou la statue de la Liberté), ou le rideau qui cache le crime comme dans “Psychose”… Et puis il y a aussi cet humour très british qui vient détendre la montée dramatique savamment orchestrée.

Jean Christophe Briant dialogue avec le public après la projection
Et la composition musicale de Jean Christophe Briant donne une troisième dimension à cette narration filmique, le canevas de thèmes composés au piano apportait la “couleur” de chaque situation, de chaque personnage dans sa progression dramatique avec une part d’improvisation pour tendre un peu plus l’attention du spectateur. Et la touche d’orgue, choisie par Jean Christophe Briant, complétait cette composition musicale, apportant la modernité de ses sonorités en parfaite harmonie avec le style hithcockien.
Un grand bonheur cinématographique et musical !
Gérard Poitou