Après la magnifique soirée de la veille avec Avishaï Cohen trio, ce fut dur dur d’écouter du reggae les pieds dans la boue pour cette dernière soirée de festival largement dédiée à l’Afrique avec le Majnun and the Bled Art Jazz Band (voir la vidéo) et Tiken Jah Fakoly, porte voix de l’Afrique en lutte. Curieusement, la pluie s’interrompait durant les concerts et le public venu nombreux n’a pas laché l’affaire, réchauffé par le rythme afro-jamaïcain.

Une première partie sur la scène d’ABCD nous donna l’occasion de retrouver le chanteur sénégalais Majnun avec son grand orchestre, soit pas moins de sept musiciens pour accompagner ce chanteur multilingue dans une fresque musicale chatoyante dont on attend (il l’a promise) la sortie du CD pour la rentrée.
Winston Mcanuff et Fixi nous ont plutôt laisser sourds avec une reggae matinée d’accordéon dont les décibels ne faisaient pas forcément la musique…

Mais l’arrivée du géant africain Tiken Jah Fakoly a réconcilié tout le monde avec le reggae: si l’orchestration reste proche de grand maitre, Tiken Jah Fakoly y ajoute ses paroles enflammées pour la cause africaine qui prouve que la conscience politique peut aussi servir une musique populaire. C’est en véritable “indigné” qu’il délivre son message pour une “African Revolution” dont la force de conviction est servie par une musique qui a enthousiasmé pendant deux heures un public trempé mais le cœur chauffé par ce soleil africain…
Gérard Poitou