Comme chaque année, la galeriste indépendante Délia Tabuenca nous propose de découvrir cinq artistes plasticiens: photographes, peintre ou céramistes dont elle a choisi les travaux pour la qualité et/ou l’originalité de la création artistique.

Dominique Emard
Vu du ciel
Mes toiles « vu du ciel » sont élaborées à partir de photographies issues de satellites d’observation ou de web-cams. J’ai toujours porté un intérêt particulier à la géographie, les cartes et les atlas. C’est donc très naturellement que je collecte ces images sur le web, là où elles se développent et pullulent par milliards. Elles me servent à ébaucher la structure de mes tableaux et à en donner la tonalité d’ensemble. Ensuite mon travail consiste à interpréter librement ces photographies, à digérer leur froideur et leur inhumanité et à mettre en lumière leurs évidences et leurs paradoxes. Par le biais de l’épaisseur de la peinture et le jeu de la couleur, je leur attribue une matérialité qu’elles ne possédent pas. J’aime également jouer avec leur échelle, ce qui me permet de mettre en oeuvre petits et grands formats, de confronter vides et pleins, et d’avancer sur la frontière nébuleuse; figuration/abstraction.
En règle générale, mon choix se porte sur les villes ou sur les traces de notre civilisation humaine. Mais je ne sélectionne pas au hasard; il faut que l’image retenue possède un intérêt graphique et qu’elle soit liée de près ou de loin à une émotion personnelle ayant pour origine un texte, un film, une musique, un souvenir, une « sensation géographique » ou un contexte géopolitique.
Dominique Emard
Virginie Bourdin
Lointain et si proche à la fois
Comme une opposition à l’image cultuelle, toujours lointaine,
aussi proche soit elle.
Mettre en exposition détruit t-il l’image, l’aura d’un portrait,
l’aura d’un paysage ?
En faisant de l’image un culte, pouvons nous sauvegarder
et transmettre l’aspect ésotérique des choses à jamais exotériques?
Traces vécues ou fantasmées ?
Lointain, et si proche à la fois ;
Vous qui m’êtes extérieurs,
de cet extérieur qui nous est commun,
pouvons-nous avoir la même vision du monde ?
Cependant ce que vous voyez ne sera jamais ce que j’ai vu,
ce que j’ai photographié n’étant pas tant ce que j’ai vu
que ce que j’ai désiré mettre en commun.
Se prolonger à l’extérieur du soi pour mieux se plonger en soi.
Sorte de volonté compulsive à vouloir rassembler ce qui est éparse.
Capturer des petits morceaux du puzzle de la vie.
Lointain, et si proche à la fois ;
Don d’une interprétation de la réalité des possibles,
l’image étant en mouvement permanent, comme l’esprit du spectateur, onirique et sensible.
Et aussi Michelle Grangier, Jean Couturier et Hélios Tabuenca
Vernissage samedi 25 octobre à partir de 16 h
Jusqu’au 2 novembre tlj de 14 h à 19 h
Chateau de Saint Jean le Blanc 142 rue Demay 45550 Saint Jean le Blanc